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Au fil du Tabeillon dans les Franches Montagnes N° 2348
Glovelier — Pré-Petitjean • JU

Au fil du Tabeillon dans les Franches Montagnes

C’est une balade jurassienne bercée par le doux murmure d’un ruisseau. Entre Glovelier et Le Prépetitjean, l’itinéraire suit le fil du Tabeillon. Dès la sortie du village, on quitte le bitume pour un large chemin blanc, souvent ombragé par les forêts traversées. La montée est douce, à peine perceptible. Durant la première moitié de l’excursion – accessible à toutes et tous – règnent le calme et les senteurs sauvages. On y admire les campanules et parfois on cueille quelques fraises des bois. La suite du parcours devient plus spectaculaire. Entre la Côte du Droit et l’Envers de Bollement, le chemin s’enfonce dans une gorge gardée par un ancien moulin. Pourquoi un moulin ici? La réponse apparaît quelques centaines de mètres plus loin, lorsque l’on découvre une ancienne roue à aubes et, surtout, le somptueux étang de Bollement. Des panneaux didactiques expliquent que ce plan d’eau artificiel, créé au XVIe siècle, servait à produire l’énergie hydraulique nécessaire au travail du bois et des céréales. En aval de l’étang, des roues à aubes faisaient fonctionner des scieries et des moulins. Un peu plus loin, l’étang du Plain de Saigne raconte une histoire similaire. Si l’usage industriel de l’eau a disparu, ces plans d’eau nichés dans un écrin naturel enchanteur conservent aujourd’hui une grande valeur écologique. Les derniers kilomètres, à travers les pâturages boisés typiques des Franches Montagnes, offrent un final apaisant. La petite gare du Pré-Petitjean permet de regagner Glovelier en train, pour clore cette belle boucle dans la nature.
Agréable randonnée le long du Doubs N° 2315
St-Ursanne, gare — Soubey, village • JU

Agréable randonnée le long du Doubs

Si l’on s’est déjà rendu au bord du Doubs, on comprend pourquoi cette rivière a inspiré des peintres comme Charles L’Eplattenier ou Émile Isenbart. La randonnée suit le cours sinueux de l’eau vers l’amont, passe par des forêts denses, près de falaises calcaires abruptes et de prairies en pente douce. Le départ dans la petite ville de St-Ursanne aux ruelles médiévales ressemble à un voyage dans le temps. La traversée du pont en pierre permet de rejoindre la rive opposée du Doubs. Le chemin en direction de Tariche serpente au bord de la rive ou un peu plus loin, parfois à l’ombre des hêtres et sapins, parfois à découvert, et l’on admire alors l’eau de couleur émeraude et les prairies d’un beau vert. On découvre en plusieurs endroits des criques paisibles où l’eau semble presque immobile. La suite de la randonnée vers Chervilliers s’accompagne du doux bruit méditatif de la rivière. Peu avant Chervilliers, un pont en acier permet de passer de la rive droite à la rive gauche du Doubs. La randonnée se termine à Soubey, un village au caractère jurassien typique où il fait bon s’attarder, par exemple en dégustant un délicieux plat végétalien au restaurant du Cerf.
Quatre univers différents au Grand Bisse de Lens N° 2347
Icogne, Les Vernasses — Chermignon, Diogne • VS

Quatre univers différents au Grand Bisse de Lens

Le Valais compte quelque 300 bisses encore en activité. Bon nombre de ces canaux d’irrigation traditionnels ont été construits au Moyen Age, dont le Grand Bisse de Lens. Ce cours d’eau constitue un bon exemple des différentes fonctions jouées par les bisses à l’ère contemporaine, notamment des fonctions agricole, patrimoniale et touristique. En termes de randonnée aussi, le Grand Bisse de Lens offre une palette étonnamment variée d’expériences. L’excursion démarre à l’arrêt de bus «Icogne, Les Vernasses». La première partie de l’itinéraire emprunte un chemin idyllique tatoué de racines, qui serpente dans une végétation luxuriante. Attention à ne pas se tordre les chevilles, surtout si l’on est concentré sur un concours de petits bateaux! Après une demi-heure de marche environ, on atteint la partie la plus technique – et la plus spectaculaire – de la randonnée: l’aqueduc, littéralement accroché à la falaise, est flanqué d’un sentier escarpé et aérien, balisé en blanc-rouge-blanc. Certes sécurisé par des barrières et des cordes, ce passage exige néanmoins d’avoir le pied sûr. Les personnes pour qui ce qui précède a constitué un défi sont récompensées pour leur courage lorsqu’elles parviennent au point 1029, là où le bisse marque un coude. Des bancs invitent à faire une pause prolongée et à admirer la vue panoramique sur la vallée du Rhône. A noter que des jumelles fixes égrenant les noms des sommets environnants ont été installées à cet endroit. L’itinéraire se poursuit et s’achève de façon plus paisible en direction de Chermignon-d’en-Bas. On évolue tantôt à découvert, tantôt à l’ombre des arbres. A plusieurs reprises, le sentier offre de belles vues sur la plaine en contrebas, où le Rhône ressemble à une version géante du bisse que l’on est en train de suivre. C’est un peu à contrecœur que l’on quitte le calme cours d’eau pour rejoindre l’arrêt de bus «Chermignon, Diogne», planté au bord de la bruyante route cantonale.
Belles collines de l'Entlebuch N° 2314
Flühli LU, Post — Escholzmatt • LU

Belles collines de l'Entlebuch

Cette randonnée passe dans la réserve de biosphère de l’UNESCO de l’Entlebuch et se prête à merveille à la découverte de ce paysage fait de marais, de forêts et de pâturages. L’itinéraire débute à Flühli, où l’on ne manquera pas d’admirer un hôtel historique au toit particulier. En 1899, le maître verrier Leo Enzmann avait déjà reconnu l’importance du tourisme et transformé sa modeste auberge en un imposant établissement de cure, un témoin prestigieux de la Belle Époque de style helvétique. L’extérieur n’a presque pas changé et rappelle l’époque à laquelle les hôtes se rendaient ici en diligence. De Flühli, le chemin suit le cours de la rivière Petite Emme avant de bifurquer vers l’ouest à Schintmoos et de gagner peu à peu de l’altitude. Le parcours offre de belles vues sur les collines environnantes et des prairies caractérisées par un habit dispersé. Une dernière montée raide mène enfin au point 1680. Ici, on peut descendre directement vers Escholzmatt et gagner 40 minutes, mais pourquoi ne pas continuer à profiter de la vue sur les sommets en passant par la crête de Beichle et en admirant au loin les Alpes bernoises et de Suisse centrale, mais aussi le Chasseral, au-delà des collines de l’Emmental?
Vers les eaux turquoise du Lago Vago N° 2346
Forcola di Livigno • GR

Vers les eaux turquoise du Lago Vago

Où que l’œil se pose, c’est un vrai bonheur, et l’itinéraire est varié et passionnant. C’est ce que promet ce circuit, surtout par une journée ensoleillée qui met en valeur les couleurs du lac et de la roche. La randonnée de montagne jusqu’au Lago Vago est facile, comme le trajet jusqu’au pied de la crête. Pour continuer, mieux vaut avoir le pied sûr et ne pas souffrir du vertige. Sur la crête sommitale, le terrain est praticable, mais assez exposé et il faut parfois se servir des mains. L’excursion débute au col de la Forcola di Livigno et suit la frontière entre l’Engadine et la Valteline. Près de la borne frontière sur le col, on gravit le sentier vers le sud-est en passant devant la Madonna delle Acque pour rejoindre le Val dell’Orsera. Au point 2461, en Italie, le chemin bifurque et on prend à gauche. Les panneaux indiquent «Al Vach» et «Lach dal Vach» («Monte Vago» et «Lago Vago» en dialecte local). «Vach», du latin «vacuum», à savoir «vide», désigne le terrain désertique non cultivé propre à la région. Le nom italianisé «Vago» signifie «instable», à l’image d’une grande partie des pentes. Après une montée raide, le sentier serpente vers le nord-est jusqu’au cirque du Monte Vago, où se niche le lac. Le sentier battu descendant vers la rive prouve que beaucoup veulent s’approcher de cette perle scintillante. Le chemin officiel passe au-dessus du lac, par des éboulis, jusqu’au pied de la crête du Monte Vago, au point 2906. On suit alors la crête rocheuse sur la droite et les balisages rouge-blanc-rouge jusqu’au sommet, où l’on peut laisser une trace de son passage dans le livre. La vue panoramique est fantastique: massif de la Bernina, haute vallée de Livigno, Ortler et Königsspitze. On revient par le même chemin. On pouvait autrefois passer la nuit à la Forcola di Livigno, mais ce n’est hélas plus le cas depuis quelques années.
La fraîcheur des gorges de Choleren N° 2313
Hünibach, Seematte — Steffisburg, Bösbach • BE

La fraîcheur des gorges de Choleren

Cette randonnée très variée débute à Hünibach. D’ici, le chemin traverse d’abord un petit bois en direction des gorges de Choleren. À peine est-on entré dans celles-ci qu’un léger courant d’air apporte de la fraîcheur, ce qui peut être très agréable en été, les jours de forte chaleur. Ces gorges offrent un beau spectacle de cascades et de ruisseaux et un décor qui semble presque exotique. La montée, raide par endroits, semble plus facile grâce à la température clémente et au spectacle de la nature. Chemin faisant, plusieurs endroits sont prévus pour une halte, lors de laquelle on peut s’imprégner de l’atmosphère particulière. Après la montée, il suffit de traverser une route pour arriver au charmant village de Goldiwil, où commence la descente vers Steffisburg. L’itinéraire passe par différents lieux – prairies vertes, fermes traditionnelles et parties de forêts ombragées – avant de descendre directement par des chemins bétonnés à l’arrêt de bus de Steffisburg. L’itinéraire se parcourt avec grand plaisir en plein été. L’agréable brise dans les gorges de Choleren et le paysage varié conviennent et plaisent à toutes les générations.
Partage des eaux au Gothard N° 2345
Furka Passhöhe — Realp • UR

Partage des eaux au Gothard

A l’échelle mondiale, rares sont les lieux d’où l’eau coule vers trois mers différentes. L’un d’entre eux se situe dans le massif du Gothard, à 3025 mètres d’altitude, bien au-dessus de la cabane Rotondo, à la frontière entre les cantons d’Uri, du Valais et du Tessin. Lorsque la pluie tombe ici, elle finit sa course dans l’Adriatique, la Méditerranée ou la mer du Nord. En jargon technique, cet endroit est une «triple ligne continentale de partage des eaux». Une randonnée de deux jours permet d’explorer ce lieu particulier. Elle débute au col de la Furka. De l’arrêt de car postal, le chemin mène vers le sud-est et la cabane Rotondo. Le long du parcours, les points de repère ne sont pas nombreux. Jusqu’à la cabane du CAS, à 2573 mètres, le sentier monte et descend constamment dans un paysage aride parsemé de nombreux ruisseaux et de petits lacs, ainsi que de quelques alpages escarpés où paissent yaks et bovins. Le deuxième jour, une ascension raide passe par les lacs du glacier de Witenwasseren jusqu’au Hüenderstock. L’endroit est magique. Après l’ombre, la glace et la roche, voici la lumière chaude du sud et la vue sur le Val Bedretto. A partir d’ici, même si le chemin jusqu’à la ligne de partage des eaux est balisé en blanc et bleu, il est bien aménagé et praticable pour les randonneuses et randonneurs au pied sûr, ne souffrant pas de vertige. A l’arrivée au Witenwasserenstock se dresse une pyramide métallique. Le retour passe à nouveau par le Hüenderstock le long de la crête jusqu’au col du Hüendersattel. Vient alors une descente jusqu’à l’immense plaine alluviale d’Im Tälli, en dessous de la cabane Rotondo. Si l’on dispose d’une journée supplémentaire, pourquoi ne pas passer une nuit de plus à la cabane? Sinon, on descend vers l’Alp Oberstafel, où le chemin débouche dans la vallée de la Witenwasserenreuss. On poursuit jusqu’à Realp, d’où un train part vers la vallée de Conches ou Andermatt.
Bisse et vue panoramique au Foggenhorn N° 2312
Belalp • VS

Bisse et vue panoramique au Foggenhorn

La randonnée menant au Foggenhorn plaira autant à celles et ceux qui aiment les bisses qu’aux adeptes d’ascension vers les sommets. Après avoir dépassé les chalets, les cabanes et les remontées mécaniques de la Belalp, on rejoint le bisse de Nessjeri au bout de deux kilomètres environ. Construit au XVe siècle, il culmine à plus de 2000 mètres d’altitude et il est encore souvent alimenté en eau aujourd’hui. Tandis que l’eau du bisse clapote par endroits et disparaît en gargouillant en d’autres lieux, la vallée s’ouvre un peu plus à chaque pas. La vue s’étend du col de la Furka au Cervin et du Monte Leone au Geisshorn. Après une heure et demie environ, le chemin de randonnée de montagne bifurque à droite et traverse le bisse pour monter de manière plus abrupte vers le Foggenhorn. Par des virages serrés, le chemin, agréable et bien aménagé, mène au sommet sur une bonne pente. Ici, le cœur bat plus fort. Est-ce dû à l’ascension ou à la vue? Après une brève descente, une autre petite montée se présente le long du Bälgrat, puis la descente vers la Belalp devient plus raide. Avec un peu de chance, on l’effectuera en compagnie de l’animal héraldique de la Belalp, la chèvre à col noir.
Bain de quiétude au-dessus de St-Ursanne N° 2344
St-Ursanne, gare • JU

Bain de quiétude au-dessus de St-Ursanne

St-Ursanne, petite cité médiévale sur les rives du Doubs, dans le canton du Jura, séduit par sa vieille ville bien conservée et son emplacement paisible entre rivière et falaises. Cette façade idyllique cache toutefois un chapitre sombre: comme bien d’autres endroits en Europe, cette vallée reculée du Jura a connu d’impitoyables chasses aux sorcières aux XVIe et XVIIe siècles. Peu après le départ de la gare, en direction de l’ouest, le chemin de randonnée bifurque à droite et monte sur un sentier boisé parsemé de sculptures. L’air est frais, les oiseaux gazouillent et les papillons virevoltent. S’ensuit une raide ascension jusqu’à la ferme d’Outremont, dont le magasin permet de s’approvisionner en spécialités. Une nouvelle montée mène à la butte qui surplombe Outremont. Sur une crête, le chemin traverse une forêt clairsemée et idyllique en direction du nord-est. A gauche, la vue porte sur l’Ajoie verdoyante, la France voisine et les Vosges. A droite, un panorama fantastique se déploie sur le Clos du Doubs, le Chasseral et les Alpes bernoises. Le chemin de randonnée bifurque ensuite à angle droit et descend à travers un pâturage jurassien jusqu’à la ferme de Montgremay. La bifurcation est balisée, mais le tracé est difficile à voir. Aux Malettes, le chemin longe brièvement la route du col, ce qui exige de la prudence en raison de la circulation. Un peu plus tard, à La Caquerelle, il est conseillé de faire une halte au restaurant avant de descendre doucement la colline à travers prairies et pâturages. De retour dans la vallée, l’itinéraire débouche soudainement en face de l’entrée d’autoroute de St-Ursanne. Après ce court tronçon bruyant, la randonnée offre encore quelques atouts: l’imposant viaduc ferroviaire de Combe Maran, le charmant paysage fluvial et la vieille ville située un peu plus en aval.
Randonnée alpine au cœur du canton de Glaris N° 2343
Mettmen • GL

Randonnée alpine au cœur du canton de Glaris

Entre les deux vallées principales glaronnaises, qui s’étendent en direction de Linthal et d’Elm depuis Schwanden, se trouve un paysage montagneux finement ciselé dont le Gross Kärpf (2794 m) est le point culminant. Les chaînes du Matzlenstock et du Gandstock, au cœur de la région, forment un chapelet de sommets en U autour du lac de barrage de Garichti. Ce site de protection de la faune, le plus ancien d’Europe, a été spécialement créé pour protéger les chamois, les cerfs élaphes et les bouquetins. Ce qui est moins connu, c’est qu’il prodigue aussi de bons habitats à la vipère péliade. Celle-ci apprécie les trous et les crevasses pour se cacher, ainsi qu’une bonne offre de petits rongeurs comme proies. Les endroits où les pierres sont nombreuses et la strate herbacée et arbustive abondante sont donc optimaux. Un fascinant circuit de randonnée d’environ trois heures et demie conduit de la station supérieure de Mettmen au Seebödeli, passe sous le Gandstock, puis revient au point de départ. L’itinéraire traverse des alpages parsemés d’arbres ou de petites forêts et, dans les zones plus élevées, des prairies et des pâturages. Il permet de jouir quasi en continu d’une vue magnifique sur le Glärnisch ou, au sud, sur la région du Kärpf et, plus loin, sur les Alpes glaronnaises jusqu’au Tödi. Le Seebödeli, point le plus septentrional de la randonnée, est un endroit merveilleux pour faire une pause. La vue s’ouvre ici brièvement au nord et à l’est, en direction du Schilt et du Spitzmeilen. Le tronçon sous le Gandstock est un itinéraire alpin balisé blanc-bleu-blanc. Le chemin est parfois invisible et, dans la zone du Breitrus, il traverse des pentes abruptes. L’itinéraire ne doit être emprunté que par temps sec. Une tour d’observation de la faune en bois se dresse peu avant Widerstein. Le chemin redescend ensuite jusqu’au lac de barrage de Garichti et revient à la station supérieure du téléphérique.
Tous les trésors de la Schweibenalp N° 2342
Brienzerberg, Bramisegg — Iseltwald, Dorfplatz • BE

Tous les trésors de la Schweibenalp

Un alpage que les druides vénéraient déjà comme site énergétique. Une cascade magique que l’on suit de près, jusqu’à passer derrière son rideau. Un hôtel qui ressemble à un château de conte de fées. Un sentier enchanteur qui longe l’eau et traverse l’une des dernières forêts à l’état naturel de Suisse. Des lieux de baignade isolés au bord du lac de Brienz. Cette randonnée regorge de points forts. Mais elle se frotte parfois aussi au surtourisme, comme au niveau du Grandhotel Giessbach, du funiculaire et du débarcadère d’Iseltwald. Heureusement, la solitude est généralement de mise sur les sentiers. Depuis l’arrêt de car postal Bramisegg, une petite route d’accès taillée dans la roche traverse les gorges du Giessbach au sud-ouest. En un quart d’heure, elle mène à l’alpe Schweibenalp et à son passionnant sentier de découverte de la permaculture. Le biotope des abeilles sauvages, qui a vu le jour récemment, est également fascinant. De nombreuses plantes sauvages et utiles ont besoin de la visite d’insectes pollinisateurs pour pouvoir produire des graines et des fruits. Parmi eux, les abeilles mellifères et sauvages jouent un rôle crucial. Difficile d’imaginer qu’il en existerait quelque 700 espèces différentes rien qu’en Suisse, à condition de ne pas les priver de leurs moyens de subsistance. Une fois par mois, des visites guidées sont organisées à la Schweibenalp et permettent d’acquérir de nombreuses connaissances de base. Près du bâtiment principal, un indicateur jaune montre la direction à suivre. Un sentier raide serpente le long des niveaux de la cascade à travers les gorges du Giessbach jusqu’au Grandhotel. On peut rallier ce dernier soit par le funiculaire historique, soit par le chemin de randonnée du lac de Brienz. L’itinéraire se poursuit ensuite sur le sentier lacustre jusqu’à Iseltwald.
Les cantines du Plateau de Barme N° 2341
Champéry, Grand-Paradis — Champéry, Barme • VS

Les cantines du Plateau de Barme

Cette randonnée se déroule en grande partie le long d’un imposant cirque rocheux, entre les Dents du Midi et les Dents Blanches. Plusieurs cascades jaillissent majestueusement des parois hautes et escarpées pour tomber vers l’alpe verdoyante. Mais il faut transpirer un peu pour admirer ce spectacle naturel. Depuis la gare de Champéry, l’itinéraire descend jusqu’aux Couailles. Il est aussi possible de prendre le train touristique (navette) jusqu’à Grand Paradis. La montée commence alors. Après quelques mètres de dénivelé, elle est déjà interrompue par la cascade de la Saufla: avant de traverser le ruisseau, un sentier mène à droite jusqu’à la chute d’eau. Un petit détour qui en vaut la peine. La randonnée grimpe ensuite toujours plus haut à travers la forêt jusqu’à atteindre un alpage. C’est ici que débouche le tronçon mentionné précédemment, qui franchit plusieurs gros ruisseaux, dont l’un se traverse par le pont suspendu de la Belle Etoile. A la sortie du cirque rocheux, il est conseillé de faire une halte au refuge de Bonavau, ne serait-ce que pour les tartes aux fruits. Une nouvelle ascension s’annonce. Une fois la crête atteinte, un détour passe par le petit sommet du Signal de Bonavau. La vue s’étend jusqu’à la vallée du Rhône, en passant par les Dents du Midi. A partir de là, il ne reste plus qu’à descendre à travers des pâturages de moutons et des forêts jusqu’au Plateau de Barme, où deux cantines attendent les randonneuses et randonneurs. Ces anciens alpages ont été transformés en buvettes avec l’avènement du tourisme aux XIXe et XXe siècles. Aujourd’hui encore, ces buvettes servent de délicieuses spécialités. Il y a souvent du monde, car une navette fait l’aller-retour entre Champéry et Barme. L’endroit est aussi accessible en voiture. Cela n’enlève toutefois rien à la beauté du lieu.
Balançoire géante au-dessus du tunnel du Ceneri N° 2340
Isone, Paese — S. Antonino, Paese • TI

Balançoire géante au-dessus du tunnel du Ceneri

Quelle sensation incomparable de se balancer sur une grande balançoire, tout en ayant le lac Majeur, le plateau de Magadino et Bellinzone à ses pieds! Cette expérience aérienne spectaculaire est proposée au sommet du Mattro, une montagne en apparence anodine qui surplombe le tunnel de base du Ceneri. Cette montée d’adrénaline exige, outre l’absence de vertige, un pied sûr. La randonnée commence dans le joli village d’Isone. Elle mène à l’alpe Pedrinasco en traversant des forêts de hêtres et de châtaigniers avec une pente modérée. Environ un quart d’heure après l’alpe, une pierre balisée indique le chemin vers le Mattro. On abandonne alors le chemin de randonnée balisé. Attention, il faut ignorer le panneau de bifurcation blanc avec une balançoire près de l’alpe Pedrinasco, car ce chemin ne mène pas à la destination voulue. Une fois sur le Mattro, il faut commencer à descendre vers Sant’Antonino. La vue plongeante sur l’enchevêtrement de routes et de voies ferrées est impressionnante. Derrière Bellinzone, les trains disparaissent dans le tunnel de base du Ceneri tandis que les voitures se suivent sur l’autoroute du col. Après Cima di Dentro, la forêt redevient une fidèle compagne. Le deuxième plaisir de la journée se dévoile au point 576 / Monti dei Bassi. Un détour par la route forestière en direction de Pianaccio mène à l’Arboreto di Copera. La surface forestière expérimentale de Copera, non accessible au public, a été plantée dans les années 1950 avec 71 espèces d’arbres, dont 49 exotiques. Son but était de déterminer quelles espèces pourraient être une alternative au châtaignier, alors atteint du chancre de l’écorce du châtaignier. La maladie fut toutefois moins agressive que prévu et les châtaigniers tessinois survécurent. Un sentier didactique permet de découvrir les arbres issus du projet-pilote. De retour sur le chemin de randonnée, la descente raide se poursuit à travers la forêt. Lorsque le bruit de l’autoroute prend le dessus, la destination n’est plus très loin.
Deux jours entre le Pischahorn et la Basse-Engadine N° 2337
Davos Laret — Lavin • GR

Deux jours entre le Pischahorn et la Basse-Engadine

Le Pischahorn s’élève plus de 1300 mètres au-dessus du tunnel de la Vereina, à mi-chemin environ entre le Weissfluhjoch et le Piz Buin. Il ne franchit juste pas la barre des 3000 mètres, mais sa position dégagée offre une vue superbe sur les sommets autour de Davos et la Basse-Engadine. Par temps clair, on voit même l’Ortles (3905 m) et le Piz Bernina (4048 m) au sud-est et au sud. L’ascension depuis Davos Laret par le Mönchalptal, sur environ 1600 mètres de dénivelé, est exigeante. Mieux vaut partir tôt. La montée est constante mais presque toujours en pente douce. Le lac Pischasee, en forme de cœur et aux eaux turquoise, est à quelques centaines de mètres à droite du chemin, à 2500 mètres d’altitude environ. La montée est entièrement balisée en blanc-rouge-blanc. Sur la crête sommitale, un court tronçon passe sur un sentier taillé dans une paroi rocheuse escarpée, mais il est parfaitement sécurisé par une corde. Depuis le glacier du Hafentälli, sur les versants nord du Pischahorn, il n’y a hélas plus rien à voir. La descente vers Säss et Vereina passe sans difficulté par des éboulis puis par des dalles rocheuses et des alpages. Bâtie sur un petit éperon à la jonction des vallées de la Vereina, de Vernela et de Süs, l’auberge de montagne Vereina jouit d’une superbe situation. Le deuxième jour, il ne reste qu’une ascension de 650 mètres vers le col de la Vereina. Le paysage rocheux et aride du col est très impressionnant. L’imposante pyramide du Piz Linard, le plus haut sommet de la Basse-Engadine qui culmine à 3410 mètres, se reflète dans deux lacs aux eaux cristallines. La descente par le Val Sagliains traverse, dans sa partie supérieure, des alpages parsemés de rochers; plus bas, le chemin est assez cahoteux et accidenté et empêche de progresser aisément. Au-delà de la gare de chargement de Saglians (non accessible aux randonneuses et randonneurs), on rejoint enfin la gare de Lavin.
De la Valle di Blenio à la Leventina N° 2338
Acquacalda — Predelp • TI

De la Valle di Blenio à la Leventina

Cette randonnée ne pourrait être plus variée. Dès la première heure, on a droit à un grand moment: à deux pas du centre Pro Natura de Lucomagno, on pénètre dans la réserve forestière de Salvasèca, composée pour moitié d’une forêt subalpine d’épicéas. L’autre moitié est peuplée de mélèzes et d’aroles. La Salvasèca a un relief extrêmement varié, qui comprend de hauts marais humides et des sites rocheux et secs. Le lieu abrite de nombreuses espèces animales. Sur l’Alp Larecc, on a atteint la limite de la forêt. Lors de la deuxième heure de marche, on arrive aussi à la limite des arbres. Surplombant la gorge du Ri da Larècc, on monte vers un plateau aride, au milieu duquel se trouve le Lago di Cane. Il est alimenté par les nombreux Canali di Lareccio qui descendent des sommets environnants. Détail intéressant: ici, et plus loin également, après le Passo Predèlp, on se trouve littéralement au-dessus du tunnel de base du Gothard. Au point 2231, on bifurque à gauche. Au cours de l’heure de marche suivante, on monte par un terrain isolé jusqu’au Passo Predèlp, la porte d’entrée de la Leventina. La vue sur les montagnes est époustouflante. Une bonne heure de marche, la dernière, permet enfin de descendre vers Predèlp. En suivant les balisages, on atteint les pâturages de l’Alpe Sasso Jei. Depuis là, le sentier est raide et, par endroits, à peine discernable. Il faut bien regarder où l’on met les pieds entre les touffes d’herbe, notamment à cause des vipères qui aiment ce terrain. Ici et là, de l’eau jaillit de la roche. On rejoint alors l’Alp Predèlp et son arrêt de bus. S’il reste encore du temps – le bus en direction de Faido circule en fin d’après-midi – on peut s’attarder dans l’agriturismo tout proche.
Cerisiers en fleurs près de Gempen N° 2335
Arlesheim, Dorf — Gempen, Dorf • BL

Cerisiers en fleurs près de Gempen

Quand partir dans le Jura soleurois? Quand les cerisiers sont en fleur ou quand le paysage est bien verdoyant? Les deux ont leur charme, mais il faut faire un choix. Si le cœur penche pour les cerisiers en fleur, il faut pouvoir se mettre en chemin de début à mi-avril, dès que le beau temps le permet. Le printemps est un peu plus tardif: il faut attendre mai pour que la nature soit d’un vert éclatant. Le tour commence à Arlesheim (BL), plus précisément à l’Ermitage. C’est un lieu isolé où règne le calme. Le jardin comprend trois étangs, un lieu d’ermitage et de nombreuses grottes, petites et grandes. Le château de Birseck trône au sommet de la colline. Les personnes qui souhaitent rester plus longtemps dans ce lieu paisible trouveront un circuit avec plus de 30 stations sur le site Internet. Après ce départ en douceur, l’itinéraire traverse des bois et longe des parois rocheuses pour monter jusqu’au Schönmatt. L’endroit, moins connu que d’autres pour le «Chriesibluescht» (la floraison des cerisiers), n’est pas bondé. Plus de 1000 arbres fruitiers se dressent entre le restaurant du même nom et le hameau de Stollenhäuser. Une splendeur absolue qui se savoure malheureusement sur l’asphalte. Après Stollenhäuser, le chemin devient un peu plus raide pour atteindre bientôt la Schartenflue, plate et boisée. Il est possible de monter au sommet de sa tour, à condition de glisser 1 franc pour ouvrir la porte tournante de l’escalier. La tour en acier de 28 mètres de haut compte cinq étages. Par beau temps, elle permet d’admirer la région bâloise, l’Alsace, les Vosges et la Forêt-Noire. La terrasse de l’auberge Bärgbeiz Gempenturm ou les coins grillades simples sur la Schartenflue offrent une vue un peu moins lointaine, mais néanmoins agréable. Il reste ensuite environ une demi-heure jusqu’à l’arrêt de bus «Gempen, Dorf».
Immersion dans la nature neuchâteloise N° 2336
Neuchâtel — Neuchâtel, Place Pury • NE

Immersion dans la nature neuchâteloise

Cette petite randonnée peut être entreprise très tôt dans l’année pour saluer l’arrivée du printemps. Il s’agit d’une promenade au cœur de la nature qui entoure Neuchâtel. Elle s’achève dans la vieille ville et peut être combinée à une excursion en bateau, selon les envies. La montée commence du côté nord de la gare, où l’itinéraire emprunte le faubourg de la Gare, la rue de Fontaine-André et un escalier sur le côté gauche de la route pour accéder au jardin botanique. Des fleurs du monde entier s’y présentent sous leur plus beau jour dans des jardins thématiques et des serres. Le parc et le Café du jardin sont parfaits pour s’attarder un peu avant d’entamer l’ascension vers Pierre-à-Bot. Là aussi, un parc, un restaurant et beaucoup d’espace permettent de passer du bon temps. A l’extrémité ouest, le chemin de randonnée balisé mène à l’imposant bloc erratique Pierre-à-Bot. Durant la dernière période glaciaire, il a été transporté par le glacier du Rhône depuis le massif du Mont Blanc. Le chemin de randonnée traverse ensuite deux routes principales. Dès que possible, il faut tourner à droite sur un chemin forestier pour retrouver le prochain chemin de randonnée balisé. Celui-ci traverse les gorges du Seyon, en longeant des falaises calcaires blanches recouvertes de mousse qui font oublier le bruit lointain de la route principale. Vient ensuite le Gor de Vauseyon, où les chenaux et les roues de moulins rappellent l’ère préindustrielle. Au restaurant La Maison du Prussien, le Seyon a creusé la roche pour s’y engloutir il y a longtemps. En traversant une petite zone industrielle, l’itinéraire revient dans la ville de Neuchâtel et à l’impressionnant château. De là, les escaliers du Château mènent à la vieille ville. Prendre à droite permet d’arriver à la place Pury, ou, encore plus loin, au débarcadère.
Le jardin thurgovien de Charlemagne N° 2333
Stettfurt, Dorfzentrum — Hüttlingen-Mettendorf • TG

Le jardin thurgovien de Charlemagne

L’empereur Charlemagne (748–814) n’a rien laissé au hasard: afin d’asseoir le pouvoir sur son immense empire situé entre le nord de l’Allemagne et le nord de l’Espagne et d’être bien approvisionné lors de ses nombreux voyages, il promulgua son capitulaire De Villis. Cette ordonnance prescrivait notamment avec précision les 89 plantes alimentaires, aromatiques, médicinales, utiles et symboliques à cultiver dans ses domaines. Liselotte et Beat Baumgartner ont reconstitué un jardin de Charlemagne («Karlsgarten») à Mettendorf, en Thurgovie. La randonnée commence à Stettfurt. Après avoir traversé le village, le chemin grimpe rapidement jusqu’au château de Sonnenberg, sur l’Imebärg, qui est un site protégé. De nombreuses variétés d’orchidées fleurissent dans la forêt clairsemée. Le château, acheté en 2007 par un financier autrichien, ne peut pas être visité. Le plus grand banc de Thurgovie, qui arrive environ une demi-heure plus tard, est idéal pour une pause. Il pourrait facilement permettre à une douzaine de personnes de profiter de la vue sur la vallée de la rivière Lauche. Le chemin menant à l’étang Getschhuuserweier et à Lustdorf bifurque peu avant Wetzikon (TG). Après le joli village, les indicateurs pointent vers Felben-Wellhausen. Le trajet revient alors à une paisible randonnée en forêt. L’itinéraire circulaire menant aux sabots de Vénus dans la zone de Bietehart permet de varier les plaisirs. Au panneau «Achtung. Quellwasser Schutzgebiet», il faut quitter le sentier balisé vers la droite pour suivre le large chemin forestier. Celui-ci arrive bientôt sur un chemin venant de la droite, qui conduit à Mettendorf. L’Oberdorftrasse et la Dorfstrasse mènent au Karlsgarten. Il peut être visité librement le mercredi après-midi de mai à septembre, et sur rendez-vous le reste du temps (www.herborama.ch). La Dorfstrasse, puis la Bahnhofstrasse conduisent à la gare de Hüttlingen-Mettendorf.
Une rando, quatre châtaigneraies au Tessin N° 2331
Cademario, Kurhaus — Vezio, Paese • TI

Une rando, quatre châtaigneraies au Tessin

Cette randonnée tourne largement autour de la châtaigne. Elle commence dans la châtaigneraie de Cademario, traverse celle d’Induno et ses arbres majestueux pour finir par celles de Mugena et Vezio. L’itinéraire démarre à l’établissement de cure de Cademario. Il faut suivre le panneau «Alpe Agra 30 min» pour revenir en direction de Lugano. Au bout de quelques mètres, la montée commence à droite. Le chemin en larges boucles parcourt la châtaigneraie de Cademario, dont les arbres sont encore dépourvus de feuilles au printemps, avant de pénétrer dans une forêt mixte d’un vert vif. La bifurcation menant aux deux points culminants de la chaîne de collines peut facilement passer inaperçue. L’itinéraire prend le chemin de gauche qui s’élève par des marches. La montée est récompensée par la vue sur le lac de Lugano et les sommets du Monte Lema au Gradicciòli. L’alpe Agra abrite deux étangs de protection des amphibiens et une prairie verdoyante. C’est là que démarre la descente en direction d’Arosio, en partie sur un revêtement dur. Avant le village, le Grotto Sgambada séduit par les odeurs alléchantes qui s’échappent de sa cuisine. Le chemin suit ensuite le sentier thématique «Sentiero del castagno». Après la châtaigneraie d’Induno et ses arbres ancestraux, la randonnée traverse les villages d’Arosio et de Mugena. Le dernier tronçon passe par les châtaigneraies de Mugena et Vezio. Il évolue dans des forêts ombragées vert tendre. Au printemps, les ruisseaux acheminent de grandes quantités d’eau de fonte des sommets Gradicciòli et Monte Magno jusque dans la vallée. La grà de Vezio, l’une des trois dernières maisons de séchage de châtaignes encore en activité, se trouve au bord du chemin. La randonnée se termine dans le village désert de Vezio.
Selves de châtaigniers et crête dans le Malcantone N° 2330
Arosio, Paese — Astano, Paese • TI

Selves de châtaigniers et crête dans le Malcantone

Arosio est pour ainsi dire le chef-lieu tessinois de la châtaigne. Dans ce petit village en balcon, la culture traditionnelle tessinoise a connu un renouveau au milieu des années 1990. Aujourd’hui, les selves sont à nouveau entretenues et exploitées. Des siècles durant, le «pain des pauvres» constitua la base de l’alimentation des familles paysannes. Les fruits servaient à la consommation, le bois à la construction et les feuilles à la litière pour le bétail. L’industrialisation et l’exode rural mirent fin à l’entretien soigneux des forêts. C’est à Arosio que débute cette randonnée de deux jours sur la crête. D’abord asphalté, le chemin monte en pente douce et ombragée jusqu’à La Bássa, où la forêt cède la place à une végétation plutôt arbustive. De ce fait, l’ascension vers le Gradicciòli, de plus en plus raide, est panoramique mais parfois éprouvante. Au sommet du Gradicciòli, où se dresse une imposante croix, la vue est époustouflante: on voit Lugano, le Mendrisiotto et la région de Milan, ainsi que les hautes Alpes valaisannes. Depuis le Gradicciòli, on suit le populaire sentier de randonnée entre le Monte Tamaro et le Monte Lema. Le chemin de crête est large, facile à parcourir et offre une vue imprenable sur les deux grands lacs tessinois, le lac Majeur d’un côté et le lac de Lugano de l’autre. Le Monte Lema dispose d’un hébergement simple, mais on peut aussi descendre en téléphérique à Miglieglia pour y dormir. Le lendemain, la descente sur un chemin bien entretenu, propice à la méditation, mène pratiquement à la frontière avec l’Italie. Sur un agréable ancien sentier muletier, on quitte la crête ensoleillée pour plonger d’abord dans des forêts de bouleaux, puis de hêtres, avant d’atteindre le village frontalier d’Astano.
Le plein d’énergie au-dessus de Cademario N° 2332
Cademario, Lisone — Castelrotto, Ospedale • TI

Le plein d’énergie au-dessus de Cademario

Cademario est un lieu particulier. Après la route de montagne sinueuse, la vue s’ouvre sur un paysage vaste et magnifique. Claudio Andretta, auteur d’un livre sur les lieux énergétiques tessinois, écrit: «J’ai trouvé plusieurs lieux énergétiques sur les collines et dans les forêts autour de l’établissement de cure, qui sont parfaits pour donner de la vitalité et aider à faire le plein d’énergie.» L’une de ces collines est couronnée d’une chapelle. Depuis l’arrêt de car postal «Cademario, Lisone», il faut prendre la direction du sud. Au parking, l’itinéraire s’enfonce dans la forêt et passe sous d’imposants châtaigniers jusqu’à la colline de San Bernardo. La vue sur Cademario et le Pizzo di Claro est magnifique, tout comme celle dans l’autre sens, au-delà des maisons de Novaggio, jusqu’au bastion de glace du Mont Rose. La descente mène à la clairière au-dessus d’Iseo. Au niveau de la bifurcation du Ristoro ai Gelsi, le détour par l’église Santa Maria, qui offre une vue exceptionnelle, est vivement conseillé. Au village d’Iseo, l’itinéraire prend la direction de l’Ur Ciòss. Il suit la direction du nord-ouest, passe à côté de «rustici», descend dans le paisible Val di Pre Murasca, puis remonte jusqu’à Aranno. Un ancien chemin muletier descend vers l’ouest jusqu’à la rivière Magliasina. Sur l’autre rive, le chemin monte à nouveau et, à la bifurcation, tourne à gauche pour contourner une colline menant à Curio et à son Museo del Malcantone. De Curio, le chemin de randonnée traverse une prairie en cuvette pour rejoindre Feredino, puis Biogno. Sur la Piazza, l’itinéraire tourne à gauche sur un sentier de pré. Peu avant la route, un portail sur la gauche permet d’entrer dans le domaine viticole de Vallombrosa, qui abrite une exposition d’art en plein air. Après avoir dépassé l’exploitation d’agritourisme et traversé la route, l’itinéraire arrive à Castelrotto.
Leçon d’histoire entre Miglieglia et Breno N° 2329
Miglieglia, Paese • TI

Leçon d’histoire entre Miglieglia et Breno

Cette randonnée dans la nature du Malcantone offre en prime une petite leçon d’histoire. Les villages de Breno et Miglieglia se sont livrés pendant des siècles à une querelle pour un lopin de terre appelé Tortoglio. Par chance, les différends purent être réglés au début du XXe siècle. Des statues sur les fontaines des deux villages, l’Asino di Breno et le Mulo di Miglieglia, évoquent cette époque. Les habitantes et habitants se taquinent encore avec ces surnoms: ceux de Breno sont des «ânes», ceux de Miglieglia des «mulets». La randonnée débute à Miglieglia et se poursuit vers le sud en direction de Novaggio, d’où l’on descend vers la Magliasina par un chemin de randonnée de montagne. Une forêt dense, riche en fougères et en mousse, offre un bel écrin de verdure. Le chemin monte et descend dans le paysage vallonné puis rejoint Maglio, à nouveau le long de la petite rivière, par une forêt alluviale peuplée d’aulnes blancs. Une belle cascade et des bassins profonds invitent à se rafraîchir. A côté se trouve une forge restaurée datant de 1860, qui était actionnée par une roue à eau. Elle se visite d’avril à octobre. Il y a un petit kiosque à proximité. Au bord de la Magliasina, le chemin continue jusqu’à Renscé, où commence la montée vers Breno. Ici, pourquoi ne pas flâner un peu dans les ruelles étroites pavées de pierres naturelles? La fontaine de l’âne se trouve sur le chemin de randonnée qui mène ensuite dans les forêts de châtaigniers. A Tortoglio, dans une petite chapelle, une plaque commémore la réconciliation des deux villages en 1907. La dernière partie du chemin serpente dans la forêt puis passe par la colline où se trouve l’église et le beau village, pour se terminer près de la fontaine à l’arrêt de bus «Miglieglia, Paese». Là, un mulet en bronze fait une ruade en direction de Breno.
Sur le flanc du «Rigi des Grisons» N° 2328
Ilanz — Morissen, center communal • GR

Sur le flanc du «Rigi des Grisons»

Côté vue, le «Rigi des Grisons» (surnom affectueux donné au Piz Mundaun) n’a rien à envier à son homonyme de Suisse centrale. Cette randonnée printanière ne mène toutefois qu’à l’auberge du même nom, sur le flanc de la montagne. Elle offre un impressionnant panorama à 180 degrés sur la Surselva et de nombreux sommets s’y montrent sous leur plus beau jour. Mais cette vue se mérite, au prix de 900 mètres de dénivelé positif. Celui-ci commence dans la petite ville d’Ilanz, qui vaut à elle seule le détour. L’itinéraire reste autant que possible sur des chemins naturels, mais il comprend deux tronçons un peu plus longs sur le bitume. L’auberge de montagne Bündner Rigi, installée à 1600 m d’altitude, se repère de loin. Pour y parvenir, il faut d’abord traverser la forêt jusqu’à Luven. Il est recommandé de s’arrêter à la fontaine historique du joli village, où les blanchisseuses venaient autrefois laver leur linge. Aujourd’hui, c’est une aire de pique-nique couverte. Le chemin longe ensuite la forêt et emprunte une petite route jusqu’à Crest. Des traces de sentiers mènent à travers des prairies fleuries. Enfin, l’auberge de montagne est en vue. Construite en 1902, elle a été l’une des premières auberges de la Surselva et est ouverte en haute saison. Le reste du temps, elle est utilisée pour des projets artistiques. Le chemin reste maintenant sur les hauteurs jusqu’à l’Uaul da Sogn Carli. Cette forêt a été reboisée en 1874 par une fondation du géologue suisse Arnold Escher von der Linth. Ce dernier est considéré comme le père de la géologie alpine suisse, car il a participé à la publication de la première carte géologique du pays. En allemand, la forêt porte son nom: Escherwald. Dernier arrêt de cette randonnée, la chapelle Sogn Carli se dresse dans une petite clairière. L’itinéraire descend ensuite jusqu’au village de Morissen, d’abord par un tronçon ensoleillé, puis par un passage en forêt.
Sur les traces du sel entre Diessenhofen et Schaffhouse N° 2326
Diessenhofen — Schaffhausen • TG

Sur les traces du sel entre Diessenhofen et Schaffhouse

La Via Rhenana, l’un des douze itinéraires culturels principaux en Suisse, permet de découvrir l’une des voies navigables les plus importantes de l’ancienne Confédération: le Rhin supérieur, entre Kreuzlingen et Bâle. Longue de 195 kilomètres, elle traverse un paysage marqué par le fleuve, son histoire et le commerce du sel qui animait le Rhin supérieur. Le tronçon entre Diessenhofen et Schaffhouse présente une grande diversité, entre nature luxuriante et vie urbaine mouvementée. Diessenhofen possède la plus grande vieille ville médiévale de Thurgovie. Le chemin pédestre reliant la gare au Rhin suit les remparts de la ville et passe devant le château Unterhof, avec sa tour caractéristique. Il amène bientôt devant les murs de l’ancien couvent St. Katharinental, un imposant complexe qui abrite aujourd’hui une clinique de réadaptation. L’église baroque du couvent invite à faire un détour. Le prochain tronçon de l’itinéraire traverse la réserve forestière de Schaare. Il révèle des zones alluviales, des marais, des étangs, une faune et une flore riches en espèces et une forteresse historique. L’étroit sentier serpente tantôt le long des rives du Rhin, tantôt dans la forêt. A Altparadies, au deuxième ancien monastère de la journée, on traverse le fleuve. Une cloche sur la passerelle appelle le bac, pour un court trajet jusqu’à l’autre rive près de Büsingen. Le lieu appartient politiquement à l’Allemagne, mais est entièrement encerclé par la Suisse. Plusieurs tentatives de rattachement à la Confédération ont échoué. Il est plus facile de changer d’Etat à pied. L’itinéraire arrive rapidement au Lindli Rheinuferpark, un espace vert très prisé de Schaffhouse. La ville a atteint son apogée avec le commerce du sel, ce dont les imposantes maisons parfaitement conservées et les encorbellements témoignent encore aujourd’hui. La journée de randonnée s’achève sur une balade dans la vieille ville.