Challpass — Klösterli • SO

Au-dessus de Kleinlützel

La randonnée familiale dans l’enclave soleuroise de Kleinlützel, en français Petit-Lucelle, intéressera les passionnés d’histoire, mais pas seulement, car les amoureux de la nature y trouvent aussi leur compte. La randonnée se déroule toujours sur des frontières, d’abord sur une frontière communale, puis sur celle qui sépare Soleure de Bâle-Campagne, et enfin sur la frontière nationale franco-suisse. On rencontre régulièrement des bornes aux gravures les plus diverses. Les pierres situées entre le Remelturm (tour de Remel) et Klösterli sont particulièrement intéressantes: la plupart d’entre elles ont été érigées en 1817 et portent d’un côté des armoiries soleuroises avec les lettres S et O, de l’autre un F. En regardant bien, on remarque pour le F rouge une rainure incolore qui transforme le F en D, car l’Alsace voisine a fait partie de l’Allemagne de 1871 à la Première Guerre mondiale. Cette randonnée commence sur un col, le Challpass, passe par des chemins forestiers, traverse le Challhöchi et se termine sous le Remelspitz, que l’on rejoint par un sentier. Du haut de la tour de 8 mètres – l’ancien poste d’observation de la Première Guerre mondiale est accessible par deux échelles – on a droit à une vue panoramique. Mais ce panorama est aussi visible depuis le pied de la tour et tout au long de la randonnée. Le chemin passe alors par la paroi rocheuse, toujours à une distance suffisante du précipice, dont les rochers abrupts offrent un décor cohérent. On trouve sur la Roti Flue un coin pour grillades et jusqu’au Klösterli, les enfants découvriront deux grottes. Ce tracé frontalier est une exception à Soleure, car il suit, avec la crête, le relief du lieu. La plupart des 380 fiers kilomètres de frontières cantonales résultent de l’épreuve de force politique qui aura duré plusieurs siècles entre la ville-Etat de Soleure, l’évêché et la ville de Bâle ainsi que Berne. C’est là l’une des raisons de la forme inhabituelle du canton de Soleure.

Information

On accède à la Challhöchi en bus en passant par Laufen ou Flüh. Du «Kleinlützel, Chlösterli», un bus circule en direction de Laufen et Roggenburg.

Randonnée n° 2044

Publié sur 2023 ‒ Présenté par Suisse Rando

Rémy Kappeler

Parcours de la randonnée

Challpass
0:00
0:00
Challhöchi
0:31
0:31
Remelspitz
0:56
0:25
Roti Flue
1:28
0:32
fireplace
Klösterli
2:04
0:36
Détails sur la surface du chemin et la catégorie dans le profil altimétrique

Propositions de randonnées

Vers les sols de lœss bâlois N° 2368
Allschwil, Dorf — Basel, Neubad • BL

Vers les sols de lœss bâlois

Même si le nord-ouest de la Suisse, dont Bâle-Campagne, n’a jamais été recouvert de glace pendant les ères glaciaires, le sous-sol garde des traces de ces époques sous la forme de lœss (ou limon). Lors des périodes glaciaires puis du retrait des glaciers, les vents transportèrent d’immenses quantités de poussière rocheuse depuis les marges des glaciers vers la région de Bâle. Le lœss se compose surtout de minéraux calcaires et argileux et de très fins grains de sable de quartz. Ces dépôts de lœss ont donné naissance à des sols très fertiles, qui retiennent bien l’eau et favorisent un bon enracinement des plantes. De l’arrêt de tram d’Allschwil, on passe en quelques pas de la ville à la campagne le long du Mülibach. Le chemin mène dans la paisible vallée du Mülibach par une forêt aux couleurs automnales et au bord de champs moissonnés, puis à une colline près de Ziegelhof. Il descend vers le Dorenbach par une hêtraie chatoyante. Pour observer un sol de lœss, il faut quitter le chemin officiel à Herzogematt et suivre un petit sentier menant aux étangs. On voit très vite le sol jaunâtre au bord du chemin. Après une boucle passant par la tour d’observation qui revient sur le chemin officiel, le parcours longe le Dorenbach en direction de Bâle.
Le marais de la Wolzenalp N° 1433
Wolzenalp — Nesslau • SG

Le marais de la Wolzenalp

Pour les randonneurs, le nouveau tronçon de chemin dans le haut-marais de la Wolzenalp (SG) offre un réel avantage. Il a d’ailleurs été distingué par le Prix Rando 2018 pour sa gestion respectueuse de l’environnement et l’engagement bénévole de classes d’école et d’entreprises. La randonnée débute à la station supérieure du télésiège de la Wolzenalp. Là où, en hiver, skieurs et snowboardeurs dévalent les pistes commence le haut-marais, dont les bouleaux aux troncs blancs se voient de loin en été. Orchidée, droséra, gentiane, parnassie des marais, cypéracée, linaigrette à feuilles larges, myrtilles: la végétation est très diversifiée. Après la cabane Hännis du ski-club de Schaffhouse, le nouveau tracé ne passe plus par le haut-marais, mais par la forêt, sur un bon chemin, jusqu’à Spitzweid. Les 850 mètres supplémentaires du tronçon sont d’ailleurs nettement plus attrayants. La vue porte sur le marais et le massif de l’Alpstein. Quant aux pieds mouillés, fréquents sur l’ancien chemin humide et boueux, ils appartiennent au passé. Sur les sites les plus intéressants, des bancs en bois ont été installés et des sculptures, au bord du chemin, invitent à faire une pause. Une fois le nouveau parcours dépassé, la boucle passe par Laui, dans l’Ijental. Il s’agit de traverser l’Ijentaler Bach, de longer le cours d’eau sur sa rive gauche, par Laufenweid, puis de descendre vers Oberbürzlen et Unterbürzlen. Avant la traversée de la rivière Thur, on aperçoit la chapelle du Johanneum sur sa petite île. Il ne reste plus qu’à franchir un nouveau pont, puis à longer la rivière Luteren jusqu’à la gare de Nesslau-Neu St. Johann.
Des tulipes rares près de Bâle N° 0769
Oberwil, Hüslimatt — Basel, Neuweilerstrasse • BL

Des tulipes rares près de Bâle

A partir de la mi‑mars et jusqu’au début avril, de nombreuses tulipes sauvages fleurissent sur ce chemin de randonnée. Il faut toutefois avoir un peu de chance pour s’y trouver au bon moment. Le chemin qui mène à la mer de tulipes commence à l’arrêt de tram à Oberwil. Quelques minutes plus tard, le randonneur se retrouve au vert et suit le court d’eau de la petite rivière Birsig. On aperçoit déjà au loin les premières tulipes jaunes dans les buissons de la rive. Des centaines de tulipes sauvages fleurissent même dans les vignes de la Bernhardsberg, dans les prés et entre les petits arbustes. Fleur méditerranéenne, la tulipe préfère les endroits chauds, ensoleillés, avec peu de végétation au sol. En Suisse, il n’y a pratiquement que dans les vignes qu’elle peut bénéficier de ces conditions. Sur le coteau au‑dessus du vignoble, la vue s’ouvre sur la vallée de Leimental et sur la chaîne de collines du Blauen. Sur la Bielhübel, le chemin passe près de cerisiers en fleurs, et le jaune du colza commence à illuminer les champs. Pendant la randonnée, il vaut la peine de scruter le ciel. Avec un peu de chance, on pourra observer des cigognes, majestueux voyageurs noirs et blancs. Il ne s’agit pas seulement des cigognes du Zoo de Bâle qui viennent chercher de la nourriture dans les champs autour d’Oberwil, mais aussi de celles qui sont revenues d’Afrique où elles ont passé l’hiver. Passé le «Paradieshof», le chemin de randonnée plonge dans une petite vallée, serpente autour des hêtres et suit le cours de la rivière par plusieurs passerelles dans la réserve naturelle d’Herzogenmatt. On continue le long de la Dorenbach en direction du hameau d’Allschwiler, puis on atteint les abords de la ville de Bâle.
De l'anthroposophie à l'Arcadie N° 0704
Dornach — Arlesheim • BL

De l'anthroposophie à l'Arcadie

Le terme «anthroposophie» renvoie généralement à Rudolf Steiner (1861–1925), bien qu’il soit en fait bien plus ancien. L’anthroposophie est un courant de pensée dont l’influence s’est fait sentir dans de nombreux domaines (médecine, agriculture); ses manifestations les plus connues sont les écoles Steiner. Mais c’est à l’architecture anthroposophique que nous allons nous intéresser ici. En sortant de la gare de Dornach, nous suivons le panneau «Goetheanum»*. Cette énorme construction de béton apparent est emblématique de cette école architecturale qui renonce le plus possible aux angles droits. Aux alentours, on découvre d’autres bâtiments (p. ex. la maison Duldeck*, la maison de Jaager*), dont les toits taillés en biseau ou les coupoles attirent l’attention. A droite du Goetheanum, le chemin monte dans la forêt jusqu’aux ruines du château de Dorneck*. Les murs couverts de lierre semblent sortir tout droit d’un conte et constituent une bonne introduction à la deuxième partie de la randonnée, où l’on découvre une nature en apparence sauvage: après le restaurant Schlosshof, nous mettons le cap sur l’Ermitage*, le plus grand jardin anglais paysagé de Suisse, d’une superficie de 40 hectares. Au contraire des jardins français, caractérisés par des découpages strictement géométriques, les jardins anglais renvoient l’image du paysage naturel. On se sent ici comme en Arcadie: chutes d’eau, étangs, rochers, grottes et cavernes ont aussi leur place dans l’Ermitage, surplombé par le château de Birseck*. Sur la route d’Arlesheim, il ne faut pas manquer la cathédrale* et son presbytère*, avant de se rendre au centre de la localité, d’où l’on peut prendre le tram pour rejoindre Bâle.

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