LA RANDONNÉE
Le Magazine de Suisse Rando
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N° 2334
Schinznach Dorf, Oberdorf
— Thalheim AG, Dorfplatz
• AG
Les reptiles de la vallée de Schenkenberg
Discrète, la vallée argovienne de Schenkenberg se trouve derrière la première chaîne du Jura, entre Aarau et Brugg. Malgré sa proximité avec le Plateau, elle semble déjà loin de l’agitation du monde. A basse altitude, les champs, les prairies et les vignobles se déploient, tandis que les collines les plus escarpées sont boisées, offrant ainsi un circuit de randonnée varié.
Depuis Schinznach Dorf, le circuit historique inauguré en 2022 monte à travers la montagne, entre la forêt et les vastes vignobles. Cette partie de la randonnée est aussi le tronçon le plus propice à l’observation de lézards. Par beau temps, les lézards des murailles aiment se prélasser sur les longs murs en pierres sèches, parfois érigés récemment, tandis que les lézards des souches préfèrent rester dans la végétation. Ces derniers, en particulier, sont tributaires de la création de tels habitats par l’être humain, car les effectifs de nombreuses populations ont largement chuté en raison de l’agriculture intensive. Sur les hauteurs de Buechmatt, les premières belles vues dégagées s’offrent sur toute la vallée de Schenkenberg. La randonnée traverse ensuite la forêt sur quelques kilomètres, en direction du sud-ouest.
Un peu avant le col de Staffelegg, qui fait le lien entre Aarau et Frick, la randonnée retourne vers l’est. Elle évolue la plupart du temps sur d’agréables routes de gravier à travers champs et à l’orée de forêts en direction de Thalheim. Les impressionnantes ruines du château de Schenkenberg trônent sur une colline boisée au milieu de la vallée. Construit au XIIIe siècle par les Habsbourg, il est tombé en ruine au XVIIIe siècle. Aujourd’hui, il est classé monument historique d’importance nationale. Pour le retour, il suffit de prendre le bus près de la grande fontaine, sur la place du village de Thalheim.
N° 2327
Ferreyres, village
— Eclépens, gare
• VD
Nature idyllique et carrière aux abords de La Sarraz
Au Mormont, deux mondes s’entrelacent: une nature impressionnante côtoie l’histoire industrielle contemporaine. Au pied de la colline, on extrait en effet de la roche qui servira ensuite à fabriquer du ciment.
Depuis l’arrêt de bus «Ferreyres, village», l’itinéraire descend en pente douce. On traverse ensuite la Venoge. En arrivant à une jonction avec la route, il faut longer celle-ci sur quelques dizaines de mètres avant d’accéder à un parking. Des panneaux indiquent la Tine de Conflens, un ensemble de cascades très impressionnantes au printemps. Le site est couru: mieux vaut y aller un jour de semaine, ou tôt le matin.
Après avoir suivi l’itinéraire forestier, on tombe sur la friche industrielle de la Filature, une ancienne fabrique en activité de 1871 à 1977, reconvertie aujourd’hui en centre artisanal et culturel. Il faut ensuite traverser la commune de La Sarraz en direction de la gare ferroviaire. Puis on emprunte le chemin des Vignes jusqu’au village d’Eclépens. Après une petite demi-heure, on atteint la carrière exploitée par Holcim pour produire du ciment.
Plusieurs cabanes sont destinées aux randonneuses et randonneurs en cas de tir de mines, une action qui permet d’extraire la roche. Un service gratuit d’information par SMS alerte 15 minutes avant chaque tir. Il faut contourner la carrière pour rejoindre la forêt et arpenter le reste de la colline. Le parcours passe ensuite par un chemin non balisé et non entretenu jusqu'au canal d’Entreroches, creusé au XVIIe siècle pour relier un réseau de canaux entre la mer du Nord et la Méditerranée, un projet resté inabouti. Au début du printemps, on peut encore aller voir le parc naturel des Jonquilles, à 400 mètres du canal en direction de l’est, qui est mentionné sur Google Maps. On rejoint ensuite aisément la gare d’Eclépens.
N° 2344
St-Ursanne, gare
• JU
Bain de quiétude au-dessus de St-Ursanne
St-Ursanne, petite cité médiévale sur les rives du Doubs, dans le canton du Jura, séduit par sa vieille ville bien conservée et son emplacement paisible entre rivière et falaises. Cette façade idyllique cache toutefois un chapitre sombre: comme bien d’autres endroits en Europe, cette vallée reculée du Jura a connu d’impitoyables chasses aux sorcières aux XVIe et XVIIe siècles.
Peu après le départ de la gare, en direction de l’ouest, le chemin de randonnée bifurque à droite et monte sur un sentier boisé parsemé de sculptures. L’air est frais, les oiseaux gazouillent et les papillons virevoltent. S’ensuit une raide ascension jusqu’à la ferme d’Outremont, dont le magasin permet de s’approvisionner en spécialités.
Une nouvelle montée mène à la butte qui surplombe Outremont. Sur une crête, le chemin traverse une forêt clairsemée et idyllique en direction du nord-est. A gauche, la vue porte sur l’Ajoie verdoyante, la France voisine et les Vosges. A droite, un panorama fantastique se déploie sur le Clos du Doubs, le Chasseral et les Alpes bernoises.
Le chemin de randonnée bifurque ensuite à angle droit et descend à travers un pâturage jurassien jusqu’à la ferme de Montgremay. La bifurcation est balisée, mais le tracé est difficile à voir. Aux Malettes, le chemin longe brièvement la route du col, ce qui exige de la prudence en raison de la circulation. Un peu plus tard, à La Caquerelle, il est conseillé de faire une halte au restaurant avant de descendre doucement la colline à travers prairies et pâturages.
De retour dans la vallée, l’itinéraire débouche soudainement en face de l’entrée d’autoroute de St-Ursanne. Après ce court tronçon bruyant, la randonnée offre encore quelques atouts: l’imposant viaduc ferroviaire de Combe Maran, le charmant paysage fluvial et la vieille ville située un peu plus en aval.
N° 2343
Mettmen
• GL
Randonnée alpine au cœur du canton de Glaris
Entre les deux vallées principales glaronnaises, qui s’étendent en direction de Linthal et d’Elm depuis Schwanden, se trouve un paysage montagneux finement ciselé dont le Gross Kärpf (2794 m) est le point culminant. Les chaînes du Matzlenstock et du Gandstock, au cœur de la région, forment un chapelet de sommets en U autour du lac de barrage de Garichti. Ce site de protection de la faune, le plus ancien d’Europe, a été spécialement créé pour protéger les chamois, les cerfs élaphes et les bouquetins. Ce qui est moins connu, c’est qu’il prodigue aussi de bons habitats à la vipère péliade. Celle-ci apprécie les trous et les crevasses pour se cacher, ainsi qu’une bonne offre de petits rongeurs comme proies. Les endroits où les pierres sont nombreuses et la strate herbacée et arbustive abondante sont donc optimaux.
Un fascinant circuit de randonnée d’environ trois heures et demie conduit de la station supérieure de Mettmen au Seebödeli, passe sous le Gandstock, puis revient au point de départ. L’itinéraire traverse des alpages parsemés d’arbres ou de petites forêts et, dans les zones plus élevées, des prairies et des pâturages. Il permet de jouir quasi en continu d’une vue magnifique sur le Glärnisch ou, au sud, sur la région du Kärpf et, plus loin, sur les Alpes glaronnaises jusqu’au Tödi. Le Seebödeli, point le plus septentrional de la randonnée, est un endroit merveilleux pour faire une pause. La vue s’ouvre ici brièvement au nord et à l’est, en direction du Schilt et du Spitzmeilen. Le tronçon sous le Gandstock est un itinéraire alpin balisé blanc-bleu-blanc. Le chemin est parfois invisible et, dans la zone du Breitrus, il traverse des pentes abruptes. L’itinéraire ne doit être emprunté que par temps sec. Une tour d’observation de la faune en bois se dresse peu avant Widerstein. Le chemin redescend ensuite jusqu’au lac de barrage de Garichti et revient à la station supérieure du téléphérique.
N° 2342
Brienzerberg, Bramisegg
— Iseltwald, Dorfplatz
• BE
Tous les trésors de la Schweibenalp
Un alpage que les druides vénéraient déjà comme site énergétique. Une cascade magique que l’on suit de près, jusqu’à passer derrière son rideau. Un hôtel qui ressemble à un château de conte de fées. Un sentier enchanteur qui longe l’eau et traverse l’une des dernières forêts à l’état naturel de Suisse. Des lieux de baignade isolés au bord du lac de Brienz. Cette randonnée regorge de points forts. Mais elle se frotte parfois aussi au surtourisme, comme au niveau du Grandhotel Giessbach, du funiculaire et du débarcadère d’Iseltwald. Heureusement, la solitude est généralement de mise sur les sentiers.
Depuis l’arrêt de car postal Bramisegg, une petite route d’accès taillée dans la roche traverse les gorges du Giessbach au sud-ouest. En un quart d’heure, elle mène à l’alpe Schweibenalp et à son passionnant sentier de découverte de la permaculture. Le biotope des abeilles sauvages, qui a vu le jour récemment, est également fascinant. De nombreuses plantes sauvages et utiles ont besoin de la visite d’insectes pollinisateurs pour pouvoir produire des graines et des fruits. Parmi eux, les abeilles mellifères et sauvages jouent un rôle crucial. Difficile d’imaginer qu’il en existerait quelque 700 espèces différentes rien qu’en Suisse, à condition de ne pas les priver de leurs moyens de subsistance. Une fois par mois, des visites guidées sont organisées à la Schweibenalp et permettent d’acquérir de nombreuses connaissances de base. Près du bâtiment principal, un indicateur jaune montre la direction à suivre. Un sentier raide serpente le long des niveaux de la cascade à travers les gorges du Giessbach jusqu’au Grandhotel. On peut rallier ce dernier soit par le funiculaire historique, soit par le chemin de randonnée du lac de Brienz. L’itinéraire se poursuit ensuite sur le sentier lacustre jusqu’à Iseltwald.
N° 2341
Champéry, Grand-Paradis
— Champéry, Barme
• VS
Les cantines du Plateau de Barme
Cette randonnée se déroule en grande partie le long d’un imposant cirque rocheux, entre les Dents du Midi et les Dents Blanches. Plusieurs cascades jaillissent majestueusement des parois hautes et escarpées pour tomber vers l’alpe verdoyante.
Mais il faut transpirer un peu pour admirer ce spectacle naturel. Depuis la gare de Champéry, l’itinéraire descend jusqu’aux Couailles. Il est aussi possible de prendre le train touristique (navette) jusqu’à Grand Paradis. La montée commence alors. Après quelques mètres de dénivelé, elle est déjà interrompue par la cascade de la Saufla: avant de traverser le ruisseau, un sentier mène à droite jusqu’à la chute d’eau. Un petit détour qui en vaut la peine. La randonnée grimpe ensuite toujours plus haut à travers la forêt jusqu’à atteindre un alpage. C’est ici que débouche le tronçon mentionné précédemment, qui franchit plusieurs gros ruisseaux, dont l’un se traverse par le pont suspendu de la Belle Etoile. A la sortie du cirque rocheux, il est conseillé de faire une halte au refuge de Bonavau, ne serait-ce que pour les tartes aux fruits.
Une nouvelle ascension s’annonce. Une fois la crête atteinte, un détour passe par le petit sommet du Signal de Bonavau. La vue s’étend jusqu’à la vallée du Rhône, en passant par les Dents du Midi. A partir de là, il ne reste plus qu’à descendre à travers des pâturages de moutons et des forêts jusqu’au Plateau de Barme, où deux cantines attendent les randonneuses et randonneurs. Ces anciens alpages ont été transformés en buvettes avec l’avènement du tourisme aux XIXe et XXe siècles. Aujourd’hui encore, ces buvettes servent de délicieuses spécialités. Il y a souvent du monde, car une navette fait l’aller-retour entre Champéry et Barme. L’endroit est aussi accessible en voiture. Cela n’enlève toutefois rien à la beauté du lieu.
N° 2340
Isone, Paese
— S. Antonino, Paese
• TI
Balançoire géante au-dessus du tunnel du Ceneri
Quelle sensation incomparable de se balancer sur une grande balançoire, tout en ayant le lac Majeur, le plateau de Magadino et Bellinzone à ses pieds! Cette expérience aérienne spectaculaire est proposée au sommet du Mattro, une montagne en apparence anodine qui surplombe le tunnel de base du Ceneri. Cette montée d’adrénaline exige, outre l’absence de vertige, un pied sûr.
La randonnée commence dans le joli village d’Isone. Elle mène à l’alpe Pedrinasco en traversant des forêts de hêtres et de châtaigniers avec une pente modérée. Environ un quart d’heure après l’alpe, une pierre balisée indique le chemin vers le Mattro. On abandonne alors le chemin de randonnée balisé. Attention, il faut ignorer le panneau de bifurcation blanc avec une balançoire près de l’alpe Pedrinasco, car ce chemin ne mène pas à la destination voulue.
Une fois sur le Mattro, il faut commencer à descendre vers Sant’Antonino. La vue plongeante sur l’enchevêtrement de routes et de voies ferrées est impressionnante. Derrière Bellinzone, les trains disparaissent dans le tunnel de base du Ceneri tandis que les voitures se suivent sur l’autoroute du col. Après Cima di Dentro, la forêt redevient une fidèle compagne.
Le deuxième plaisir de la journée se dévoile au point 576 / Monti dei Bassi. Un détour par la route forestière en direction de Pianaccio mène à l’Arboreto di Copera. La surface forestière expérimentale de Copera, non accessible au public, a été plantée dans les années 1950 avec 71 espèces d’arbres, dont 49 exotiques. Son but était de déterminer quelles espèces pourraient être une alternative au châtaignier, alors atteint du chancre de l’écorce du châtaignier. La maladie fut toutefois moins agressive que prévu et les châtaigniers tessinois survécurent. Un sentier didactique permet de découvrir les arbres issus du projet-pilote.
De retour sur le chemin de randonnée, la descente raide se poursuit à travers la forêt. Lorsque le bruit de l’autoroute prend le dessus, la destination n’est plus très loin.
N° 2337
Davos Laret
— Lavin
• GR
Deux jours entre le Pischahorn et la Basse-Engadine
Le Pischahorn s’élève plus de 1300 mètres au-dessus du tunnel de la Vereina, à mi-chemin environ entre le Weissfluhjoch et le Piz Buin. Il ne franchit juste pas la barre des 3000 mètres, mais sa position dégagée offre une vue superbe sur les sommets autour de Davos et la Basse-Engadine. Par temps clair, on voit même l’Ortles (3905 m) et le Piz Bernina (4048 m) au sud-est et au sud.
L’ascension depuis Davos Laret par le Mönchalptal, sur environ 1600 mètres de dénivelé, est exigeante. Mieux vaut partir tôt. La montée est constante mais presque toujours en pente douce. Le lac Pischasee, en forme de cœur et aux eaux turquoise, est à quelques centaines de mètres à droite du chemin, à 2500 mètres d’altitude environ. La montée est entièrement balisée en blanc-rouge-blanc. Sur la crête sommitale, un court tronçon passe sur un sentier taillé dans une paroi rocheuse escarpée, mais il est parfaitement sécurisé par une corde. Depuis le glacier du Hafentälli, sur les versants nord du Pischahorn, il n’y a hélas plus rien à voir. La descente vers Säss et Vereina passe sans difficulté par des éboulis puis par des dalles rocheuses et des alpages. Bâtie sur un petit éperon à la jonction des vallées de la Vereina, de Vernela et de Süs, l’auberge de montagne Vereina jouit d’une superbe situation.
Le deuxième jour, il ne reste qu’une ascension de 650 mètres vers le col de la Vereina. Le paysage rocheux et aride du col est très impressionnant. L’imposante pyramide du Piz Linard, le plus haut sommet de la Basse-Engadine qui culmine à 3410 mètres, se reflète dans deux lacs aux eaux cristallines. La descente par le Val Sagliains traverse, dans sa partie supérieure, des alpages parsemés de rochers; plus bas, le chemin est assez cahoteux et accidenté et empêche de progresser aisément. Au-delà de la gare de chargement de Saglians (non accessible aux randonneuses et randonneurs), on rejoint enfin la gare de Lavin.
N° 2338
Acquacalda
— Predelp
• TI
De la Valle di Blenio à la Leventina
Cette randonnée ne pourrait être plus variée. Dès la première heure, on a droit à un grand moment: à deux pas du centre Pro Natura de Lucomagno, on pénètre dans la réserve forestière de Salvasèca, composée pour moitié d’une forêt subalpine d’épicéas. L’autre moitié est peuplée de mélèzes et d’aroles. La Salvasèca a un relief extrêmement varié, qui comprend de hauts marais humides et des sites rocheux et secs. Le lieu abrite de nombreuses espèces animales.
Sur l’Alp Larecc, on a atteint la limite de la forêt. Lors de la deuxième heure de marche, on arrive aussi à la limite des arbres. Surplombant la gorge du Ri da Larècc, on monte vers un plateau aride, au milieu duquel se trouve le Lago di Cane. Il est alimenté par les nombreux Canali di Lareccio qui descendent des sommets environnants. Détail intéressant: ici, et plus loin également, après le Passo Predèlp, on se trouve littéralement au-dessus du tunnel de base du Gothard. Au point 2231, on bifurque à gauche. Au cours de l’heure de marche suivante, on monte par un terrain isolé jusqu’au Passo Predèlp, la porte d’entrée de la Leventina. La vue sur les montagnes est époustouflante.
Une bonne heure de marche, la dernière, permet enfin de descendre vers Predèlp. En suivant les balisages, on atteint les pâturages de l’Alpe Sasso Jei. Depuis là, le sentier est raide et, par endroits, à peine discernable. Il faut bien regarder où l’on met les pieds entre les touffes d’herbe, notamment à cause des vipères qui aiment ce terrain. Ici et là, de l’eau jaillit de la roche. On rejoint alors l’Alp Predèlp et son arrêt de bus. S’il reste encore du temps – le bus en direction de Faido circule en fin d’après-midi – on peut s’attarder dans l’agriturismo tout proche.
N° 2335
Arlesheim, Dorf
— Gempen, Dorf
• BL
Cerisiers en fleurs près de Gempen
Quand partir dans le Jura soleurois? Quand les cerisiers sont en fleur ou quand le paysage est bien verdoyant? Les deux ont leur charme, mais il faut faire un choix. Si le cœur penche pour les cerisiers en fleur, il faut pouvoir se mettre en chemin de début à mi-avril, dès que le beau temps le permet. Le printemps est un peu plus tardif: il faut attendre mai pour que la nature soit d’un vert éclatant.
Le tour commence à Arlesheim (BL), plus précisément à l’Ermitage. C’est un lieu isolé où règne le calme. Le jardin comprend trois étangs, un lieu d’ermitage et de nombreuses grottes, petites et grandes. Le château de Birseck trône au sommet de la colline. Les personnes qui souhaitent rester plus longtemps dans ce lieu paisible trouveront un circuit avec plus de 30 stations sur le site Internet.
Après ce départ en douceur, l’itinéraire traverse des bois et longe des parois rocheuses pour monter jusqu’au Schönmatt. L’endroit, moins connu que d’autres pour le «Chriesibluescht» (la floraison des cerisiers), n’est pas bondé. Plus de 1000 arbres fruitiers se dressent entre le restaurant du même nom et le hameau de Stollenhäuser. Une splendeur absolue qui se savoure malheureusement sur l’asphalte.
Après Stollenhäuser, le chemin devient un peu plus raide pour atteindre bientôt la Schartenflue, plate et boisée. Il est possible de monter au sommet de sa tour, à condition de glisser 1 franc pour ouvrir la porte tournante de l’escalier. La tour en acier de 28 mètres de haut compte cinq étages. Par beau temps, elle permet d’admirer la région bâloise, l’Alsace, les Vosges et la Forêt-Noire. La terrasse de l’auberge Bärgbeiz Gempenturm ou les coins grillades simples sur la Schartenflue offrent une vue un peu moins lointaine, mais néanmoins agréable. Il reste ensuite environ une demi-heure jusqu’à l’arrêt de bus «Gempen, Dorf».
N° 2336
Neuchâtel
— Neuchâtel, Place Pury
• NE
Immersion dans la nature neuchâteloise
Cette petite randonnée peut être entreprise très tôt dans l’année pour saluer l’arrivée du printemps. Il s’agit d’une promenade au cœur de la nature qui entoure Neuchâtel. Elle s’achève dans la vieille ville et peut être combinée à une excursion en bateau, selon les envies. La montée commence du côté nord de la gare, où l’itinéraire emprunte le faubourg de la Gare, la rue de Fontaine-André et un escalier sur le côté gauche de la route pour accéder au jardin botanique. Des fleurs du monde entier s’y présentent sous leur plus beau jour dans des jardins thématiques et des serres. Le parc et le Café du jardin sont parfaits pour s’attarder un peu avant d’entamer l’ascension vers Pierre-à-Bot. Là aussi, un parc, un restaurant et beaucoup d’espace permettent de passer du bon temps. A l’extrémité ouest, le chemin de randonnée balisé mène à l’imposant bloc erratique Pierre-à-Bot. Durant la dernière période glaciaire, il a été transporté par le glacier du Rhône depuis le massif du Mont Blanc.
Le chemin de randonnée traverse ensuite deux routes principales. Dès que possible, il faut tourner à droite sur un chemin forestier pour retrouver le prochain chemin de randonnée balisé. Celui-ci traverse les gorges du Seyon, en longeant des falaises calcaires blanches recouvertes de mousse qui font oublier le bruit lointain de la route principale. Vient ensuite le Gor de Vauseyon, où les chenaux et les roues de moulins rappellent l’ère préindustrielle. Au restaurant La Maison du Prussien, le Seyon a creusé la roche pour s’y engloutir il y a longtemps.
En traversant une petite zone industrielle, l’itinéraire revient dans la ville de Neuchâtel et à l’impressionnant château. De là, les escaliers du Château mènent à la vieille ville. Prendre à droite permet d’arriver à la place Pury, ou, encore plus loin, au débarcadère.
N° 2333
Stettfurt, Dorfzentrum
— Hüttlingen-Mettendorf
• TG
Le jardin thurgovien de Charlemagne
L’empereur Charlemagne (748–814) n’a rien laissé au hasard: afin d’asseoir le pouvoir sur son immense empire situé entre le nord de l’Allemagne et le nord de l’Espagne et d’être bien approvisionné lors de ses nombreux voyages, il promulgua son capitulaire De Villis. Cette ordonnance prescrivait notamment avec précision les 89 plantes alimentaires, aromatiques, médicinales, utiles et symboliques à cultiver dans ses domaines. Liselotte et Beat Baumgartner ont reconstitué un jardin de Charlemagne («Karlsgarten») à Mettendorf, en Thurgovie.
La randonnée commence à Stettfurt. Après avoir traversé le village, le chemin grimpe rapidement jusqu’au château de Sonnenberg, sur l’Imebärg, qui est un site protégé. De nombreuses variétés d’orchidées fleurissent dans la forêt clairsemée. Le château, acheté en 2007 par un financier autrichien, ne peut pas être visité. Le plus grand banc de Thurgovie, qui arrive environ une demi-heure plus tard, est idéal pour une pause. Il pourrait facilement permettre à une douzaine de personnes de profiter de la vue sur la vallée de la rivière Lauche.
Le chemin menant à l’étang Getschhuuserweier et à Lustdorf bifurque peu avant Wetzikon (TG). Après le joli village, les indicateurs pointent vers Felben-Wellhausen. Le trajet revient alors à une paisible randonnée en forêt. L’itinéraire circulaire menant aux sabots de Vénus dans la zone de Bietehart permet de varier les plaisirs. Au panneau «Achtung. Quellwasser Schutzgebiet», il faut quitter le sentier balisé vers la droite pour suivre le large chemin forestier. Celui-ci arrive bientôt sur un chemin venant de la droite, qui conduit à Mettendorf. L’Oberdorftrasse et la Dorfstrasse mènent au Karlsgarten. Il peut être visité librement le mercredi après-midi de mai à septembre, et sur rendez-vous le reste du temps (www.herborama.ch). La Dorfstrasse, puis la Bahnhofstrasse conduisent à la gare de Hüttlingen-Mettendorf.
N° 2331
Cademario, Kurhaus
— Vezio, Paese
• TI
Une rando, quatre châtaigneraies au Tessin
Cette randonnée tourne largement autour de la châtaigne. Elle commence dans la châtaigneraie de Cademario, traverse celle d’Induno et ses arbres majestueux pour finir par celles de Mugena et Vezio.
L’itinéraire démarre à l’établissement de cure de Cademario. Il faut suivre le panneau «Alpe Agra 30 min» pour revenir en direction de Lugano. Au bout de quelques mètres, la montée commence à droite. Le chemin en larges boucles parcourt la châtaigneraie de Cademario, dont les arbres sont encore dépourvus de feuilles au printemps, avant de pénétrer dans une forêt mixte d’un vert vif.
La bifurcation menant aux deux points culminants de la chaîne de collines peut facilement passer inaperçue. L’itinéraire prend le chemin de gauche qui s’élève par des marches. La montée est récompensée par la vue sur le lac de Lugano et les sommets du Monte Lema au Gradicciòli. L’alpe Agra abrite deux étangs de protection des amphibiens et une prairie verdoyante. C’est là que démarre la descente en direction d’Arosio, en partie sur un revêtement dur. Avant le village, le Grotto Sgambada séduit par les odeurs alléchantes qui s’échappent de sa cuisine. Le chemin suit ensuite le sentier thématique «Sentiero del castagno». Après la châtaigneraie d’Induno et ses arbres ancestraux, la randonnée traverse les villages d’Arosio et de Mugena. Le dernier tronçon passe par les châtaigneraies de Mugena et Vezio. Il évolue dans des forêts ombragées vert tendre. Au printemps, les ruisseaux acheminent de grandes quantités d’eau de fonte des sommets Gradicciòli et Monte Magno jusque dans la vallée. La grà de Vezio, l’une des trois dernières maisons de séchage de châtaignes encore en activité, se trouve au bord du chemin. La randonnée se termine dans le village désert de Vezio.
N° 2330
Arosio, Paese
— Astano, Paese
• TI
Selves de châtaigniers et crête dans le Malcantone
Arosio est pour ainsi dire le chef-lieu tessinois de la châtaigne. Dans ce petit village en balcon, la culture traditionnelle tessinoise a connu un renouveau au milieu des années 1990. Aujourd’hui, les selves sont à nouveau entretenues et exploitées. Des siècles durant, le «pain des pauvres» constitua la base de l’alimentation des familles paysannes. Les fruits servaient à la consommation, le bois à la construction et les feuilles à la litière pour le bétail. L’industrialisation et l’exode rural mirent fin à l’entretien soigneux des forêts.
C’est à Arosio que débute cette randonnée de deux jours sur la crête. D’abord asphalté, le chemin monte en pente douce et ombragée jusqu’à La Bássa, où la forêt cède la place à une végétation plutôt arbustive. De ce fait, l’ascension vers le Gradicciòli, de plus en plus raide, est panoramique mais parfois éprouvante. Au sommet du Gradicciòli, où se dresse une imposante croix, la vue est époustouflante: on voit Lugano, le Mendrisiotto et la région de Milan, ainsi que les hautes Alpes valaisannes.
Depuis le Gradicciòli, on suit le populaire sentier de randonnée entre le Monte Tamaro et le Monte Lema. Le chemin de crête est large, facile à parcourir et offre une vue imprenable sur les deux grands lacs tessinois, le lac Majeur d’un côté et le lac de Lugano de l’autre. Le Monte Lema dispose d’un hébergement simple, mais on peut aussi descendre en téléphérique à Miglieglia pour y dormir.
Le lendemain, la descente sur un chemin bien entretenu, propice à la méditation, mène pratiquement à la frontière avec l’Italie. Sur un agréable ancien sentier muletier, on quitte la crête ensoleillée pour plonger d’abord dans des forêts de bouleaux, puis de hêtres, avant d’atteindre le village frontalier d’Astano.
N° 2332
Cademario, Lisone
— Castelrotto, Ospedale
• TI
Le plein d’énergie au-dessus de Cademario
Cademario est un lieu particulier. Après la route de montagne sinueuse, la vue s’ouvre sur un paysage vaste et magnifique. Claudio Andretta, auteur d’un livre sur les lieux énergétiques tessinois, écrit: «J’ai trouvé plusieurs lieux énergétiques sur les collines et dans les forêts autour de l’établissement de cure, qui sont parfaits pour donner de la vitalité et aider à faire le plein d’énergie.»
L’une de ces collines est couronnée d’une chapelle. Depuis l’arrêt de car postal «Cademario, Lisone», il faut prendre la direction du sud. Au parking, l’itinéraire s’enfonce dans la forêt et passe sous d’imposants châtaigniers jusqu’à la colline de San Bernardo. La vue sur Cademario et le Pizzo di Claro est magnifique, tout comme celle dans l’autre sens, au-delà des maisons de Novaggio, jusqu’au bastion de glace du Mont Rose. La descente mène à la clairière au-dessus d’Iseo. Au niveau de la bifurcation du Ristoro ai Gelsi, le détour par l’église Santa Maria, qui offre une vue exceptionnelle, est vivement conseillé. Au village d’Iseo, l’itinéraire prend la direction de l’Ur Ciòss. Il suit la direction du nord-ouest, passe à côté de «rustici», descend dans le paisible Val di Pre Murasca, puis remonte jusqu’à Aranno. Un ancien chemin muletier descend vers l’ouest jusqu’à la rivière Magliasina. Sur l’autre rive, le chemin monte à nouveau et, à la bifurcation, tourne à gauche pour contourner une colline menant à Curio et à son Museo del Malcantone. De Curio, le chemin de randonnée traverse une prairie en cuvette pour rejoindre Feredino, puis Biogno. Sur la Piazza, l’itinéraire tourne à gauche sur un sentier de pré. Peu avant la route, un portail sur la gauche permet d’entrer dans le domaine viticole de Vallombrosa, qui abrite une exposition d’art en plein air. Après avoir dépassé l’exploitation d’agritourisme et traversé la route, l’itinéraire arrive à Castelrotto.
N° 2329
Miglieglia, Paese
• TI
Leçon d’histoire entre Miglieglia et Breno
Cette randonnée dans la nature du Malcantone offre en prime une petite leçon d’histoire. Les villages de Breno et Miglieglia se sont livrés pendant des siècles à une querelle pour un lopin de terre appelé Tortoglio. Par chance, les différends purent être réglés au début du XXe siècle. Des statues sur les fontaines des deux villages, l’Asino di Breno et le Mulo di Miglieglia, évoquent cette époque. Les habitantes et habitants se taquinent encore avec ces surnoms: ceux de Breno sont des «ânes», ceux de Miglieglia des «mulets».
La randonnée débute à Miglieglia et se poursuit vers le sud en direction de Novaggio, d’où l’on descend vers la Magliasina par un chemin de randonnée de montagne. Une forêt dense, riche en fougères et en mousse, offre un bel écrin de verdure. Le chemin monte et descend dans le paysage vallonné puis rejoint Maglio, à nouveau le long de la petite rivière, par une forêt alluviale peuplée d’aulnes blancs. Une belle cascade et des bassins profonds invitent à se rafraîchir. A côté se trouve une forge restaurée datant de 1860, qui était actionnée par une roue à eau. Elle se visite d’avril à octobre. Il y a un petit kiosque à proximité.
Au bord de la Magliasina, le chemin continue jusqu’à Renscé, où commence la montée vers Breno. Ici, pourquoi ne pas flâner un peu dans les ruelles étroites pavées de pierres naturelles? La fontaine de l’âne se trouve sur le chemin de randonnée qui mène ensuite dans les forêts de châtaigniers. A Tortoglio, dans une petite chapelle, une plaque commémore la réconciliation des deux villages en 1907.
La dernière partie du chemin serpente dans la forêt puis passe par la colline où se trouve l’église et le beau village, pour se terminer près de la fontaine à l’arrêt de bus «Miglieglia, Paese». Là, un mulet en bronze fait une ruade en direction de Breno.
N° 2328
Ilanz
— Morissen, center communal
• GR
Sur le flanc du «Rigi des Grisons»
Côté vue, le «Rigi des Grisons» (surnom affectueux donné au Piz Mundaun) n’a rien à envier à son homonyme de Suisse centrale. Cette randonnée printanière ne mène toutefois qu’à l’auberge du même nom, sur le flanc de la montagne. Elle offre un impressionnant panorama à 180 degrés sur la Surselva et de nombreux sommets s’y montrent sous leur plus beau jour.
Mais cette vue se mérite, au prix de 900 mètres de dénivelé positif. Celui-ci commence dans la petite ville d’Ilanz, qui vaut à elle seule le détour. L’itinéraire reste autant que possible sur des chemins naturels, mais il comprend deux tronçons un peu plus longs sur le bitume.
L’auberge de montagne Bündner Rigi, installée à 1600 m d’altitude, se repère de loin. Pour y parvenir, il faut d’abord traverser la forêt jusqu’à Luven. Il est recommandé de s’arrêter à la fontaine historique du joli village, où les blanchisseuses venaient autrefois laver leur linge. Aujourd’hui, c’est une aire de pique-nique couverte. Le chemin longe ensuite la forêt et emprunte une petite route jusqu’à Crest. Des traces de sentiers mènent à travers des prairies fleuries. Enfin, l’auberge de montagne est en vue. Construite en 1902, elle a été l’une des premières auberges de la Surselva et est ouverte en haute saison. Le reste du temps, elle est utilisée pour des projets artistiques.
Le chemin reste maintenant sur les hauteurs jusqu’à l’Uaul da Sogn Carli. Cette forêt a été reboisée en 1874 par une fondation du géologue suisse Arnold Escher von der Linth. Ce dernier est considéré comme le père de la géologie alpine suisse, car il a participé à la publication de la première carte géologique du pays. En allemand, la forêt porte son nom: Escherwald. Dernier arrêt de cette randonnée, la chapelle Sogn Carli se dresse dans une petite clairière. L’itinéraire descend ensuite jusqu’au village de Morissen, d’abord par un tronçon ensoleillé, puis par un passage en forêt.
N° 2326
Diessenhofen
— Schaffhausen
• TG
Sur les traces du sel entre Diessenhofen et Schaffhouse
La Via Rhenana, l’un des douze itinéraires culturels principaux en Suisse, permet de découvrir l’une des voies navigables les plus importantes de l’ancienne Confédération: le Rhin supérieur, entre Kreuzlingen et Bâle. Longue de 195 kilomètres, elle traverse un paysage marqué par le fleuve, son histoire et le commerce du sel qui animait le Rhin supérieur.
Le tronçon entre Diessenhofen et Schaffhouse présente une grande diversité, entre nature luxuriante et vie urbaine mouvementée. Diessenhofen possède la plus grande vieille ville médiévale de Thurgovie. Le chemin pédestre reliant la gare au Rhin suit les remparts de la ville et passe devant le château Unterhof, avec sa tour caractéristique. Il amène bientôt devant les murs de l’ancien couvent St. Katharinental, un imposant complexe qui abrite aujourd’hui une clinique de réadaptation. L’église baroque du couvent invite à faire un détour.
Le prochain tronçon de l’itinéraire traverse la réserve forestière de Schaare. Il révèle des zones alluviales, des marais, des étangs, une faune et une flore riches en espèces et une forteresse historique. L’étroit sentier serpente tantôt le long des rives du Rhin, tantôt dans la forêt.
A Altparadies, au deuxième ancien monastère de la journée, on traverse le fleuve. Une cloche sur la passerelle appelle le bac, pour un court trajet jusqu’à l’autre rive près de Büsingen. Le lieu appartient politiquement à l’Allemagne, mais est entièrement encerclé par la Suisse. Plusieurs tentatives de rattachement à la Confédération ont échoué. Il est plus facile de changer d’Etat à pied.
L’itinéraire arrive rapidement au Lindli Rheinuferpark, un espace vert très prisé de Schaffhouse. La ville a atteint son apogée avec le commerce du sel, ce dont les imposantes maisons parfaitement conservées et les encorbellements témoignent encore aujourd’hui. La journée de randonnée s’achève sur une balade dans la vieille ville.
N° 2325
Bern Felsenau
• BE
Diverses nuances de vert au bord de l’Aar
A la gare RBS de Felsenau, le point de départ de cet agréable circuit est encore au cœur de la civilisation urbaine. Le viaduc d’autoroute au-dessus de la tête, la rue principale devant les yeux et la ville de Berne dans le dos. Il suffit pourtant de quelques pas dans une sorte de passage souterrain pour deviner ce qui fait la beauté de cette randonnée – par ailleurs praticable toute l’année – au printemps: l’alternance des nuances de vert entre l’Aar et la forêt de Bremgarten.
Le chemin descend d’abord jusqu’à l’Aar, puis passe par l’étroite passerelle Seftasteg pour rejoindre l’autre rive. Ce n’est qu’en 2025 que cette partie de la rive a été renaturée. Bientôt, en aval, l’imposant pont Halen qui enjambe la rivière à 40 mètres d’altitude se dessine. Le chemin se poursuit sur un large chemin naturel à travers une zone non bâtie. Il faut un peu moins d’une heure pour atteindre des lotissements verdoyants. Les complexes résidentiels Aumatt et Schlossmatt, construits à partir des années 1980, comptent parmi les premiers quartiers bernois à avoir déplacé le mode de vie urbain et communautaire dans l’agglomération.
En revenant sur l’autre rive par la passerelle Lochmattsteg, les tours résidentielles de Kappelenring à l’horizon évoquent une métropole, tandis qu’en contrebas, l’Aar s’écoule lentement vers le paradis naturel du lac de Wohlen. Au retour, le chemin remonte l’Aar, en pente légère et à l’ombre. Soudain, une grande clairière panoramique s’ouvre en direction de la rivière. C’est ici que se trouve la station éthologique de l’Université de Berne, où des expériences sur le comportement social sont menées sur des rats bruns.
Mais la forêt reprend vite ses droits. Après une courte montée, le chemin traverse le Glasgrabe, étonnamment raide. Bientôt, il atteint la station d’épuration de Neubrück et, avec elle, la civilisation. Le point de départ est retrouvé quelques minutes plus tard.
N° 2324
Hünenberg, Dorf
— Maschwanden, Dorf
• ZG
Au soleil le long de la Reuss
Le fait qu’il y ait aujourd’hui quelque 5000 castors sur le Plateau suisse et dans les larges vallées alpines ne va pas de soi: au début du XIXe siècle, ce rongeur avait totalement disparu du pays. Ce n’est qu’au XXe siècle que le castor a été réintroduit. Dès lors, il n’a cessé d’étendre son territoire. Depuis 2010, il vit aussi dans le canton de Zoug, en particulier dans la région Ennetsee, entre la Reuss et le lac de Zoug, où se déroule cette randonnée.
De l’arrêt de bus «Hünenberg, Dorf», le chemin pédestre traverse le quartier, puis mène aux ruines du château ouvertes au public, le berceau historique de Hünenberg. Après avoir traversé une forêt ombragée le long du ruisseau Drälikerbach, il emprunte un chemin agricole qui traverse la plaine de la Reuss en direction de la rivière. La silhouette du Pilate se dresse au loin.
Une fois sur les rives de la Reuss, le chemin suit le cours d’eau, soit sur la digue, soit près de la rive. En raison de la chaleur, il est conseillé de partir le matin ou en fin de journée. La rive est caractérisée par des pâturages, des aulnes, des argousiers et des fleurs des champs. Un œil attentif pourra apercevoir des troncs d’arbres rongés: des traces du castor.
A hauteur de Zollweid, le restaurant Zollhuus permet de faire une halte près du pont historique sur la Reuss. Sur la digue, les cyclistes circulent aussi. Le chemin de randonnée pédestre balisé continue donc au plus près de la rive. Régulièrement, de charmants endroits invitent à s’attarder ou à se tremper les pieds.
A la fin, l’itinéraire traverse la réserve naturelle de Maschwander Allmend. Il est alors possible de continuer jusqu’au Rüssspitz, au confluent de la Reuss et de la Lorze. Le chemin de randonnée officiel va directement à Maschwanden, en passant devant une piscine naturelle idyllique et en entrant dans le paisible village du côté zurichois.
N° 2323
Zug, Brüggli
— Hagendorn, Lorzenmatt
• ZG
Histoire industrielle zougoise
Au milieu du XIXe siècle déjà, Zoug faisait partie des régions les plus industrialisées du pays. Ce petit canton de Suisse centrale a vu naître des filatures, des papeteries et des usines de machines, ainsi que de grandes laiteries. La rivière Lorze, qui se jette dans le lac de Zoug en périphérie de la capitale cantonale, puis le quitte à Cham, servait de source d’énergie. Le sentier industriel de la Lorze, long de 30 kilomètres, permet de suivre l’évolution de Zoug, devenu l’un des cantons les plus riches de Suisse.
L’arrêt de bus «Zug, Brüggli» se trouve pratiquement à l’embouchure de la Lorze. Le sentier longe ici la rive du lac vers l’ouest pour aller à Cham et passe à côté d’un terrain herbeux servant de plage et d’un camping. Près du moulin Chollermühle, l’ancienne Lorze a creusé un grand delta, aujourd’hui populaire pour la baignade et les grillades. Le chemin suit ensuite la ligne de chemin de fer jusqu’au Hirsgarten, un parc au bord du lac près de Cham. La randonnée suit maintenant la Lorze en aval et traverse la commune de Cham, en pleine croissance.
Après l’ancienne forge, qui est aujourd’hui une imposante demeure, l’excursion devient moins urbaine. L’idyllique paysage fluvial est régulièrement ponctué d’installations de production d’électricité. A Rumentikon, le chemin quitte la rive et passe par le village et les prairies jusqu’au couvent de cisterciennes de Frauenthal. Encore actif, il est le plus ancien de ce genre en Suisse et peut être visité.
Depuis Hagendorn et l’arrêt de bus «Lorzenmatt», l’itinéraire emprunte l’autre côté de la Lorze et longe en partie la route de campagne peu fréquentée. L’un des premiers témoins de l’utilisation de l’énergie hydraulique se dresse peu avant d’arriver à destination: la reconstruction d’une roue à eau romaine, qui servait ici à broyer le grain il y a près de 2000 ans.
N° 2322
Goldau, Sportplatz
— Unterägeri, Chlösterli
• SZ
Des orchidées sur le chemin du Wildspitz
Avec leurs fleurs aux formes souvent extravagantes, les orchidées comptent parmi les plus belles découvertes au bord du chemin. A cela s’ajoute le fait qu’il est rare d’observer un grand nombre des 70 espèces suisses. Le sabot de Vénus est l’une des plus belles orchidées. Son grand «sabot» d’un jaune intense et ses trois pétales étroits d’un brun pourpre forment un contraste saisissant.
La zone d’éboulement au-dessus de Goldau (SZ) mérite le détour pour admirer ce sabot de Vénus si rare. Selon les années, la période de floraison a lieu de mi-mai à fin juin. Après l’effondrement des masses rocheuses en 1806, une forêt clairsemée a pu se former par endroits et offre de bonnes conditions à la précieuse fleur. Pour que les plantes puissent survivre et se multiplier, il est important de les observer à distance, afin de ne pas tasser le sol qui les entoure. Au total, une trentaine d’espèces d’orchidées se développent dans la zone, ainsi que des papillons rares comme la bacchante et des oiseaux comme le bruant fou et le faucon pèlerin.
La randonnée commence près du parc naturel et animalier de Goldau. De là, l’itinéraire de La Suisse à pied no 828, «Goldauer Bergsturzspur», grimpe à travers la forêt. A un peu plus de 900 mètres d’altitude, un sentier circulaire permet d’apercevoir quelques jolis spécimens de sabots de Vénus. Le chemin longe ensuite une crête jusqu’au Gnipen et au Wildspitz, dont le sommet à 1580 mètres d’altitude est le point culminant du canton de Zoug. Juste en dessous du sommet, l’auberge de montagne Wildspitz dispose d’une grande terrasse panoramique et offre une vue magnifique sur le lac Lauerzersee et les Alpes de Suisse centrale. Les personnes qui y passent la nuit pourront admirer la luminosité unique et variée au coucher et au lever du soleil. Du Wildspitz, l’itinéraire descend jusqu’à Unterägeri, Chlösterli en passant par le point 1282, Alpli, Buschenchappeli et Zittenbuech.
N° 2321
Menzingen, Dorf
— Sihlbrugg, Dorf
• ZG
Excursion printanière dans un paysage de moraines
On dit des paysans de Menzingen, qui voulaient davantage de terres, qu’ils avaient conclu un pacte avec le diable. Des diablotins avaient formé pendant la nuit les nombreuses collines qui caractérisent aujourd’hui le paysage entre Menzingen et Sihlsprung. Mais les paysans s’étaient vite rendu compte que ce n’était pas une bonne idée et que les pentes raides étaient difficiles à cultiver. Pour contrarier le Malin, ils plantèrent un tilleul sur chaque sommet, un arbre que Lucifer n’aimait guère. Telle est la légende. En réalité, ce sont les glaciers de la Reuss et de la Linth qui, en se retirant, modelèrent ce paysage morainique unique d’importance nationale. Quant aux tilleuls, plusieurs fois centenaires, ils étaient plantés lorsqu’un héritier naissait dans une ferme.
Depuis Menzingen, le chemin de randonnée serpente de manière pittoresque entre les bosses de moraines, parfois même au-dessus, ce qui exige des efforts. De magnifiques arbres fruitiers à haute tige et d’imposantes fermes bien entretenues caractérisent le paysage, tandis que le panorama s’étend du Säntis au Rigi en passant par les Churfirsten. Chemin faisant, Holzhäusern, Winzwilen et Schwand sont les points de repère. Ensuite, une descente raide passe devant le restaurant de poissons Sihlmatt jusqu’au Sihlsprung. La Sihl rugit ici avec fracas à travers l’étroite gorge. Un court tunnel protège le chemin pédestre des chutes de pierres. Depuis le petit pont qui mène de l’autre côté de la rivière, la vue sur les eaux bouillonnantes est magnifique.
Le chemin serpente calmement le long de la rivière presque jusqu’à la fin du parcours. De petites criques invitent ici et là à la baignade et au repos. Peu avant Sihlbrugg, changement d’ambiance: des routes très fréquentées, des bâtiments industriels, des garages automobiles et des stations-service prennent le relais. On y trouve l’arrêt de bus pour rejoindre la gare de Baar.
N° 2339
Preda
— Spinas
• GR
Eaux sauvages sur la Via Albula
Sur son étape reine de Preda à Spinas, la Via Albula/Bernina mène au Val Bever (GR). Le paysage de lacs alpins se fait particulièrement impressionnant au Crap Alv. Avant la descente abrupte, la vue sur le Val Bever est grandiose.
La randonnée démarre à Preda, sept kilomètres au-dessus de Bergün. L’accès se fait en train depuis Coire. La ligne de chemin de fer étant inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, le trajet est déjà une expérience en soi. De la gare de Preda, l’itinéraire s’enfonce rapidement dans la forêt. La montée au col de l’Albula se fait à l’ombre et passe à côté du joli lac de Palpuegna, dont les ravissantes places de pique-nique invitent à faire une première pause. Le chemin emprunte ensuite des passerelles en bois pour traverser les nombreux ruisseaux et traverse les alpages. Les arbres deviennent plus clairsemés au fil de l’ascension. Le chemin croise deux fois la route du col avant de bifurquer à droite dans une vallée adjacente juste avant ce dernier.
Le regard s’ouvre un peu plus à chaque pas sur une vue fantastique du Lajets digl Crap Alv. Le lac de montagne est niché au pied d’un versant raide, dans un paysage alpin vallonné et escarpé. C’est ici que démarre l’ascension finale jusqu’au Fuorcla Crap Alv, constante, sur un chemin bien aménagé.
Une fois au col, à 2466 mètres d’altitude, la vue sur l’Engadine est absolument spectaculaire. La Beverin sauvage serpente dans les deux sens du Val Bever, aussi loin que l’œil puisse voir. Les pentes abruptes et les sommets majestueux viennent parfaire cette image imposante.
Rapidement, la concentration est toutefois requise: la descente dans la vallée ne doit pas être sous-estimée. Raide, glissante et exposée, elle présente une dénivellation de 700 mètres qui met les jambes à rude épreuve. L’effort est récompensé par l’idyllique paysage fluvial du fond de vallée, qui invite à pique-niquer et à se rafraîchir les pieds dans la rivière. La randonnée s’achève à Spinas, pour reprendre la ligne de l’Albula.