LA RANDONNÉE
Le Magazine de Suisse Rando
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N° 2359
Runcahez Val Sumvitg
— Surrein, vitg
• GR
Pont primé dans le Val Sumvitg
Le pont d’Encardens, récompensé par le Prix Rando en 2026, sert surtout d’accès à la cabane Terri. Comme elle se trouve tout au fond du Val Sumvitg, dans un paysage aussi charmant que sauvage, elle est aussi une destination de randonnée qui vaut le détour.
De juin à octobre, un bus alpin (réservation obligatoire) circule deux fois par jour de la gare RhB de Rabius-Surrein jusqu’au petit lac de barrage de Runcahez. De là, le chemin de randonnée remonte la vallée le long du Rein da Sumvitg. Grâce à la résistance des défenseuses et défenseurs de la nature à l’inondation du haut plateau de la Greina, le ruisseau de montagne se jette aujourd’hui encore à l’état naturel vers le Rhin antérieur. Au fond de la vallée, dans la région d’Encardens, il a taillé de belles piscines de granit qui offrent aux randonneuses et randonneurs un rafraîchissement bienvenu en plein été.
Après une longue pause près du nouveau pont, on reprend en partie le même chemin jusqu’au passage de Clavaus, qui est également utilisé pour le bétail. Là, on change de rive et on descend tranquillement sur le versant gauche de la vallée. Soudain, un complexe hôtelier abandonné surgit de nulle part. Le Tenigerbad a vu le jour au XIXe siècle et a été fortement agrandi dans les années 1970, avant de faire faillite.
D’autres points forts sur le chemin du retour sont le Punt pendenta, le pont suspendu qui enjambe un ruisseau latéral du Rein da Sumvitg, et l’Ustria Val Sumvitg, riche en traditions. Le dernier tronçon mène au-dessus d’une gorge sauvage jusqu’à Surrein, où l’on est surpris par l’architecture audacieuse de l’habitation de Simon Jacomet, un designer de skis et artiste local. Depuis le centre du village, un bus retourne à la gare; alternativement, il faut 20 bonnes minutes de marche pour rejoindre l’autre versant de la vallée.
N° 2391
Lauenensee
• BE
Circuit du lac de montagne à la cascade
Le circuit de randonnée aller-retour du lac de Lauenen à la cabane Geltenhütte CAS comprend un petit lac tranquille, des cascades tonitruantes et un paysage alpin impressionnant.
Depuis l’arrêt de bus Lauenensee, il faut d’abord suivre le chemin de randonnée balisé en jaune en direction du lac de Lauenen. Le petit détour au début de la randonnée en vaut la peine: niché entre les marais et les prairies, le lac limpide reflète les sommets des environs.
L’itinéraire 307 de SuisseMobile vers le sud-ouest est alors emprunté sur un court tronçon. On le quitte dès que la montée commence, en restant à gauche à l’orée de la forêt. Un chemin non balisé retourne quelques mètres en arrière, au ruisseau Gältebach, où il débouche sur un chemin de randonnée de montagne balisé en blanc-rouge-blanc. Il faut maintenant suivre la signalisation en direction de Geltenhütte CAS.
Le chemin monte dans la vallée, en restant toujours à portée de vue et d’ouïe du Gältebach. À Im Ture, une première cascade donne un avant-goût de ce qui attend les randonneuses et randonneurs. Enfin, l’un des points culminants de la randonnée se révèle: la cascade Gälteschutz. D’énormes masses d’eau se précipitent ici dans le vide, sur une hauteur de 180 mètres. Entouré de prairies en fleurs multicolores et d’imposantes parois rocheuses, un décor spectaculaire se déploie. Il est d’autant plus frappant après la fonte des neiges.
Sur le flanc de montagne adjacent à la Gälteschutz, le chemin se fait plus raide et plus rocheux. Il faut donc avoir le pied sûr. À 2002 mètres d’altitude, la Geltenhütte CAS se présente enfin et invite à faire une halte au cœur de la réserve naturelle de Gelten-Iffigen. La cabane est située au pied du Hahneschritthore, avec vue sur le Wildhorn, le Geltenhorn et l’Arpelihore.
Le chemin du retour est varié et longe l’autre côté de la vallée. Il passe par Gältetrittli et Tungeltrittli jusqu’à Vorschess, où un virage serré débouche sur un chemin de randonnée balisé en jaune qui ramène au lac de Lauenen.
La randonnée peut se clore en admirant encore une fois la deuxième grande cascade de ce circuit, la Tungelschutz. Elle capte les eaux des zones du Stieretungel et du Chüetungel et se jette sur des falaises abruptes dans le ruisseau Tungelbach.
N° 2334
Schinznach Dorf, Oberdorf
— Thalheim AG, Dorfplatz
• AG
Les reptiles de la vallée de Schenkenberg
Discrète, la vallée argovienne de Schenkenberg se trouve derrière la première chaîne du Jura, entre Aarau et Brugg. Malgré sa proximité avec le Plateau, elle semble déjà loin de l’agitation du monde. A basse altitude, les champs, les prairies et les vignobles se déploient, tandis que les collines les plus escarpées sont boisées, offrant ainsi un circuit de randonnée varié.
Depuis Schinznach Dorf, le circuit historique inauguré en 2022 monte à travers la montagne, entre la forêt et les vastes vignobles. Cette partie de la randonnée est aussi le tronçon le plus propice à l’observation de lézards. Par beau temps, les lézards des murailles aiment se prélasser sur les longs murs en pierres sèches, parfois érigés récemment, tandis que les lézards des souches préfèrent rester dans la végétation. Ces derniers, en particulier, sont tributaires de la création de tels habitats par l’être humain, car les effectifs de nombreuses populations ont largement chuté en raison de l’agriculture intensive. Sur les hauteurs de Buechmatt, les premières belles vues dégagées s’offrent sur toute la vallée de Schenkenberg. La randonnée traverse ensuite la forêt sur quelques kilomètres, en direction du sud-ouest.
Un peu avant le col de Staffelegg, qui fait le lien entre Aarau et Frick, la randonnée retourne vers l’est. Elle évolue la plupart du temps sur d’agréables routes de gravier à travers champs et à l’orée de forêts en direction de Thalheim. Les impressionnantes ruines du château de Schenkenberg trônent sur une colline boisée au milieu de la vallée. Construit au XIIIe siècle par les Habsbourg, il est tombé en ruine au XVIIIe siècle. Aujourd’hui, il est classé monument historique d’importance nationale. Pour le retour, il suffit de prendre le bus près de la grande fontaine, sur la place du village de Thalheim.
N° 2327
Ferreyres, village
— Eclépens, gare
• VD
Nature idyllique et carrière aux abords de La Sarraz
Au Mormont, deux mondes s’entrelacent: une nature impressionnante côtoie l’histoire industrielle contemporaine. Au pied de la colline, on extrait en effet de la roche qui servira ensuite à fabriquer du ciment.
Depuis l’arrêt de bus «Ferreyres, village», l’itinéraire descend en pente douce. On traverse ensuite la Venoge. En arrivant à une jonction avec la route, il faut longer celle-ci sur quelques dizaines de mètres avant d’accéder à un parking. Des panneaux indiquent la Tine de Conflens, un ensemble de cascades très impressionnantes au printemps. Le site est couru: mieux vaut y aller un jour de semaine, ou tôt le matin.
Après avoir suivi l’itinéraire forestier, on tombe sur la friche industrielle de la Filature, une ancienne fabrique en activité de 1871 à 1977, reconvertie aujourd’hui en centre artisanal et culturel. Il faut ensuite traverser la commune de La Sarraz en direction de la gare ferroviaire. Puis on emprunte le chemin des Vignes jusqu’au village d’Eclépens. Après une petite demi-heure, on atteint la carrière exploitée par Holcim pour produire du ciment.
Plusieurs cabanes sont destinées aux randonneuses et randonneurs en cas de tir de mines, une action qui permet d’extraire la roche. Un service gratuit d’information par SMS alerte 15 minutes avant chaque tir. Il faut contourner la carrière pour rejoindre la forêt et arpenter le reste de la colline. Le parcours passe ensuite par un chemin non balisé et non entretenu jusqu'au canal d’Entreroches, creusé au XVIIe siècle pour relier un réseau de canaux entre la mer du Nord et la Méditerranée, un projet resté inabouti. Au début du printemps, on peut encore aller voir le parc naturel des Jonquilles, à 400 mètres du canal en direction de l’est, qui est mentionné sur Google Maps. On rejoint ensuite aisément la gare d’Eclépens.
Bärschwil, Dorf
• SO
Sur la crête du Fringeliberg
Bärschwil se trouve dans une cuvette, au sud de Laufon et au nord d’un contrefort jurassien. La localité est entourée de douces collines boisées, qui se parent de couleurs éclatantes à l’automne. L’une d’entre elles est le Fringeliberg, le but de cette randonnée. En 1557, la chaîne de montagnes fut achetée par un bourgeois de Soleure, Andreas Fringeli. Depuis, elle porte son nom dans le langage populaire. Aujourd’hui encore, des Fringeli vivent à Bärschwil.
L’itinéraire quitte rapidement le petit village soleurois pour monter à travers un pâturage, en passant devant Bützi. S’ensuit une ascension raide dans la forêt. Ici, la prudence s’impose: sous les feuilles mortes, le terrain accidenté peut aussi être humide et glissant. Il faut avoir le pied sûr et de bonnes chaussures.
Sur la droite, des falaises calcaires s’élèvent à la verticale entre les cimes colorées. Enfin, le chemin quitte la forêt. Il faut alors un instant pour s’orienter, car le sentier se perd dans l’herbe. En suivant la signalisation, on constate que le chemin de randonnée coupe tout droit dans la prairie jusqu’au hameau de Vögeli.
Sur un sentier de marne, on monte tranquillement le versant avec vue sur la Roti Flue. Enfin, le chemin de randonnée tourne à gauche et mène au Rechtenberg, une section du Fringeliberg. Une jolie place de pique-nique se trouve en haut, près de la maison des Amis de la Nature.
La randonnée se poursuit ensuite sur la crête. La roche blanche ressort entre les feuilles de hêtre rouges. Ce tronçon présente lui aussi un risque de glissade et de trébuchement en automne. L’endroit est quasi désert et offre des vues fantastiques sur le Schwarzbubenland, la Forêt-Noire, les Vosges et le val Terbi.
Après un certain temps, le chemin de randonnée bifurque à gauche en direction d’Ober Fringeli. De là, la descente est raide: d’abord à travers la forêt, puis sur des terres agricoles, avant de passer devant la ferme Hasel et d’arriver bientôt au cœur de Bärschwil.
N° 2361
Hellbühl, Post
— Buttisholz, Dorf
• LU
Les chapelles de l’arrière-pays lucernois
Contrairement aux randonnées classiques, surtout entreprises quand le soleil brille pour profiter de la vue, certains itinéraires peuvent être empruntés même par mauvais temps. C’est le cas du parcours des chapelles lucernois (Luzerner Kapellenweg). Il est bordé de nombreuses églises et chapelles qui donnent un aperçu vivant de l’architecture sacrée de l’arrière-pays lucernois, tout en offrant une protection contre les intempéries.
Le parcours, pour lequel il faut compter plus de cinq heures, démarre à Hellbühl et s’achève à Ettiswil. En cas de journée humide et brumeuse, il est possible de le raccourcir. Il est alors conseillé de parcourir la première moitié de l’itinéraire. Cette proposition de randonnée commence par la seule montée notable de l’itinéraire: de Hellbühl, le chemin grimpe sur 100 mètres de dénivelé jusqu’à Hueb. Peu après, il atteint le point culminant de l’itinéraire avec la chapelle St. Katharina, à Under Herreweg. A partir de là, la randonnée évolue généralement à plat en direction de Buttisholz via Ruswil, St. Ulrich et St. Ottilien.
Le parcours des chapelles traverse la vallée du Rottal, ponctuée de douces collines et soumise à une agriculture intensive. La région se caractérise par ses champs de blé, ses prairies et ses pâturages. Le revers de cette jolie médaille: la plupart des fermes sont desservies par de petites routes. Le trafic est certes faible, mais cet état de fait reste néanmoins peu agréable pour la randonnée: plus de la moitié du parcours est recouverte d’un revêtement dur.
Heureusement, les tronçons bitumés sont entrecoupés de passages à l’état naturel. La partie entre Rüediswil et Buttisholz est particulièrement attrayante. C’est aussi là que se trouve la chapelle de pèlerinage St. Ottilien. Avec sa forme octogonale et sa silhouette délicate, elle est un joyau exceptionnel parmi les édifices religieux de Suisse.
N° 2360
Avers, Juf
— Mulegns
• GR
Randonnée minérale au Fallerfurgga
Les Alpes suisses sont des montagnes relativement jeunes à la structure extrêmement complexe, composée de roches d’origines diverses. Au fil du temps, les roches ont été plissées, découpées et, en de nombreux endroits, fondues et déformées comme si elles étaient passées au four. L’un des endroits les plus intéressants pour admirer cette diversité de roches et de structures est la zone du Fallerfurgga, située entre Juf et Bivio, dans le sud-ouest des Grisons.
Au départ de Juf, l’itinéraire emprunte de vastes prairies et pâturages jusqu’au col du Stallerberg. La montée jusqu’au Fallerfurgga borde les pittoresques lacs Flüeseen, avec une végétation de plus en plus clairsemée et une grande diversité des roches. Sur la gauche, le domaine du Mazzaspitz est principalement constitué de serpentinite, de calcaire, de schiste argileux et de métabasalte. Le Piz Surpare, sur la droite, a une composition encore plus variée, avec de la métarhyolithe, de la radiolarite, de la dolomite, du schiste argileux, de la phyllite et de la serpentinite. On pourrait passer des heures à former une collection de pierres aux couleurs magnifiques, aux formes singulières et aux structures mystérieuses.
Depuis le col, la descente dans le long Val Bercla traverse de gros éboulis, qui ne présentent pas de difficultés majeures. Les personnes qui désirent faire une longue pause dans un endroit calme et idyllique peuvent, si le débit du ruisseau n’est pas trop important, rejoindre le Lai Neir par un terrain facile et dépourvu de sentiers. Après environ 900 mètres de descente depuis le Fallerfurgga, l’itinéraire mène au Val Faller, avec ses prairies plates et verdoyantes, et le petit hameau de Tga. Il se termine sur des chemins de randonnée et des routes forestières traversant ce même val jusqu’à l’arrêt du car postal à Mulegns.
N° 2358
Lausanne, Lac Sauvabelin
— Lausanne
• VD
Randonnée gourmande à travers Lausanne
Le canton de Vaud se découvre en une journée, d’un point de vue gourmand tout au moins. Un parcours dans son chef-lieu, Lausanne, permet de goûter au fromage des Alpes vaudoises de la fromagerie Macheret, à la bière du Jorat du magasin La Mise en Bière ou encore aux filets de perche du Léman à la Brasserie de Montbenon, sur la belle esplanade du même nom.
Le bus dépose randonneuses et randonneurs à l’arrêt «Lausanne, Lac Sauvabelin». Près du petit lac se dresse la tour de Sauvabelin. On gravit ses 151 marches pour admirer la vue panoramique sur presque toutes les régions du Pays de Vaud puis on passe dans la forêt pour rejoindre le parc de l’Hermitage. Au château Saint-Maire, on parvient à la vieille ville et, très vite, à la cathédrale Notre-Dame. Les escaliers du Marché mènent à la place de la Palud. Que l’on se balade dans la vieille ville ou dans le quartier moderne du Flon, les découvertes culinaires ne manquent pas.
Le parcours de randonnée balisé contourne le nœud central du Flon et renoue avec le calme sur l’esplanade de Montbenon. En suivant le chemin des Croix-Rouges et en traversant les voies ferrées, on rejoint le petit vignoble du Languedoc, puis on suit les chemins de Bon-Abri et du Couchant jusqu’à la vallée de la Jeunesse. Créé pour l’Expo 64, ce parc, avec ses parterres de roses en terrasses, son toit en béton incurvé et ses aires de jeux, mérite le détour.
On poursuit vers le lac que l’on longe jusqu’à Ouchy, où l’on bifurque vers la promenade de la Ficelle. Ce nom était celui donné au funiculaire qui transportait autrefois matériel et passagers vers le quartier industriel du Flon et qui a été remplacé par le métro. Au boulevard de Grancy, près de la gare centrale, un détour par la boulangerie Monco’Pain s’impose pour goûter une tarte à la raisinée, à base de jus de pomme ou de poire concentré provenant du Jura vaudois et du nord du canton.
N° 2357
Mézières VD, village
— Moudon
• VD
Sur les traces d’un des plus célèbres peintres vaudois
Eugène Burnand est l’un des rares artistes suisses à avoir connu le succès de son vivant et à avoir pu vivre de ses œuvres. Il était célèbre dans toute l’Europe et a habité tour à tour à Versailles, Florence, Montpellier et Paris, où il mourut en 1921. Il a toutefois été enterré à Vulliens, dans le Jorat. Cette randonnée passe près de sa tombe.
Suivre les traces d’Eugène Burnand en Suisse fait traverser un paysage parsemé de fermes imposantes, construites en pierre et pour la plupart bien conservées, de grandes étables, de vastes champs et, en automne, d’immenses tas de betteraves sucrières. Ces lieux, l’artiste les peignait déjà au XXe siècle dans un style réaliste, ainsi que les personnes qui travaillaient dur avec des moyens modestes. Aujourd’hui, on utilise des machines, raison pour laquelle de nombreux chemins de cette randonnée sont asphaltés. Cela n’enlève rien à ce circuit culturel qui a l’avantage d’être praticable même par temps pluvieux.
On part de Mézières, dans le canton de Vaud, on traverse la rivière du Carrouge et on monte vers les hauteurs, d’où l’on aperçoit bien les chaînes de collines. Après Vuillens, on arrive à Seppey. C’est dans un château de ce hameau qu’Eugène Burnand a vécu et travaillé pendant la Première Guerre mondiale. C’est ici aussi qu’il a réalisé l’une de ses œuvres majeures, «Labour dans le Jorat». Elle représente deux hommes avec une charrue tirée par deux vaches et un cheval. Sur la droite du tableau, on reconnaît le petit village de Syens.
On atteint bientôt la Broye, que l’on longe jusqu’à Moudon. Un musée, qui n’ouvre que quelques jours par semaine, est consacré au grand peintre dans la Ville-Haute de Moudon.
N° 2356
Sugiez
— Cudrefin
• VD
Marcher et observer à La Sauge
Cette proposition est une sorte de poupée russe, puisqu’elle comporte une randonnée dans la randonnée. Sur 10 kilomètres, la balade de base mène de Sugiez, dans le Vully fribourgeois, à Cudrefin, village vaudois situé au bord du lac de Neuchâtel. A mi-chemin, elle invite à quelques pas supplémentaires pour visiter le Centre-Nature de La Sauge.
Au cœur de la région des Trois-Lacs, la randonnée principale commence par longer le canal de la Broye. Parfaitement plat, le sentier serpente entre prairies et roselières jusqu’à La Sauge. Ensuite, le chemin s’enfonce dans la Grande Cariçaie, la plus vaste réserve naturelle lacustre de Suisse, véritable joyau écologique qui borde la rive sud du lac de Neuchâtel. On y perçoit le bruissement des roseaux et le chant des oiseaux. Avec un peu de chance, on peut observer quelques spécimens. Enfin, à l’approche de Cudrefin, on rejoint le bord de l’eau, avec quelques plages et places de pique-nique à disposition.
A La Sauge, moyennant le paiement d’une entrée, il est possible d’ajouter 500 mètres de balade pour encore mieux observer la faune et la flore. Le parcours du Centre-Nature BirdLife est notamment équipé de quatre observatoires abrités et munis de bancs. Depuis 2001, plus de 200 espèces d’oiseaux y ont été recensées. La présence de martins-pêcheurs, d’aigrettes blanches ou de hérons est quasi permanente. Outre les oiseaux, les mares du centre permettent également de suivre les évolutions de castors, de grenouilles et d’une multitude d’insectes et de petits animaux aquatiques. Selon la patience de chacun, le centre se visite en quelques minutes ... ou en de longues heures! Comptez environ 1 h 30 en moyenne.
N° 2355
Ollon VD
— Le Bévieux
• VD
Le Chablais, pays de châtaignes
Dans certaines régions de montagne, les châtaignes étaient autrefois à la base du régime alimentaire. Les châtaigneraies sont aujourd’hui à nouveau entretenues et reboisées. Vers la fin octobre, les fruits mûrs tombent, par exemple sur le trajet de la randonnée d’Ollon à Bévieux. Du vert au rouge profond, en passant par le jaune et l’orange: dès la sortie du village d’Ollon, les vignobles se déploient et la vue s’ouvre sur la vallée du Rhône. Le chemin traverse ensuite une forêt dont la lisière est parsemée de sculptures en bois. C’est là que les boules épineuses et les longues feuilles dentelées se mêlent pour la première fois aux feuilles de chêne et de hêtre: un châtaignier.
De nombreux parapentes tournent dans le ciel. Le hameau d’Antagnes s’étire le long de la route principale. Des maisons modernes en verre avec piscine succèdent aux vieilles bâtisses en bois brun foncé. Après un nouveau passage pittoresque à travers les vignobles, le chemin arrive au fond de la vallée puis, un peu plus loin, aux mines de sel de Bex. Celles-ci peuvent être explorées lors d’une visite guidée.
Après une courte montée, la vue s’ouvre sur une châtaigneraie: à côté d’arbres noueux ancestraux se trouvent de jeunes plants de taille moyenne, récemment mis en terre avec des tuteurs. Plusieurs communes du Chablais participent à des projets de reboisement et le canton de Vaud soutient la préservation et l’entretien de la culture de châtaigniers. Mais attention: les arbres appartenant à des particuliers, le ramassage de masse n’est pas autorisé.
Le chemin continue à grimper jusqu’à Fenalet-sur-Bex. L’ancien centre du village se compose de maisons en bois flanquées de jardins potagers et de jolies tonnelles. L’itinéraire traverse les vignes une troisième fois, cette fois-ci sur un chemin escarpé en revêtement dur. Après un court passage en forêt, la destination du jour est atteinte à Bévieux, l’actuel site principal d’extraction industrielle du sel.
N° 2354
Rolle
— Prangins, Musée national
• VD
De château en château sur La Côte
Les Romains cultivaient déjà la vigne le long de la moraine formée par le glacier du Rhône au bord du lac Léman. Du château de Rolle, le chemin grimpe à flanc de coteau jusqu’au vignoble de La Côte, l’un des plus vastes de Suisse avec près de 2000 hectares. Jusqu’à Bugnaux, point culminant du parcours, on passe devant les châteaux Le Rosey et de Chatagneréaz, sur des chemins largement asphaltés comme souvent dans les vignobles vaudois. La vue sur les vignes, le lac et les Alpes savoyardes, avec le Mont Blanc en toile de fond, récompense les efforts.
Le chemin passe par le château de Vincy à Gilly pour rejoindre Bursins, village du conseiller fédéral Guy Parmelin, où l’on trouve deux châteaux et deux auberges de campagne typiques où déguster un verre de chasselas. Le parcours se poursuit dans les vignes vers l’ouest et par les deux châteaux de Vinzel jusqu’à Luins. Un petit détour derrière le mur du château donnant sur la route est conseillé, surtout lorsque la salle de dégustation est ouverte.
Le chemin monte légèrement vers Begnins, le village à la plus forte concentration de châteaux. Le manoir de Cottens, situé au cœur du village, à la façade représentative, est bien visible depuis le chemin comme de la route. Le château de Menthon et le château de Martheray, eux, se dissimulent aux regards.
De Begnins, on descend vers la rivière de la Serine puis on passe sur des chemins naturels, à l’abri d’étroites bandes boisées. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’armée construisit ici une ligne de défense. Des «Toblerones» en béton et un sentier didactique sont présents le long du chemin menant au Léman. Sur la gauche, un terrain de golf est aménagé sur le domaine des villas des descendants de Napoléon. Une pause à la buvette de la plage de Promenthoux s’impose avant la dernière montée jusqu’à la dépendance romande du Musée national, au château de Prangins.
N° 2352
Basel Dreispitz
— Basel SBB
• BS
Sur les traces des Romains à Bâle
Le nom Basilia apparaît pour la première fois en 374 apr. J.-C. Dans la vieille ville du Petit-Bâle actuel, l’empereur romain Valentinien a fait ériger un munimentum, un ouvrage de défense pour sécuriser la frontière. Autour de la Rheingasse, des objets datant de cette époque ont été découverts, notamment de la vaisselle en céramique. De l’autre côté du Rhin, sur la colline de la cathédrale, se trouvait un camp romain protégé par un mur d’enceinte.
La randonnée qui explore les racines romaines de Bâle traverse la ville et commence par les jardins Merian, un immense parc avec différents espaces verts. Après cette oasis colorée, la vie bat son plein au Parc Saint-Jacques, plus grand stade de football de Suisse et antre du FC Bâle. Sur les murs en béton qui longent la Birse, plus d’une personne a immortalisé son amour pour le club de football. La rivière sépare Bâle de Birsfelden, et le canton de Bâle-Ville de Bâle-Campagne. Ses rives semblent étonnamment sauvages. Au niveau du parc Birsköpfli, la Birse rencontre le Rhin, qu’il faut suivre jusqu’au pont Wettsteinbrücke. Avec une vue imprenable sur la cathédrale, l’itinéraire traverse le fleuve pour rejoindre le Petit-Bâle et la Rheingasse.
Le Mittlere Rheinbrücke ramène au Grand-Bâle jusqu’à Schifflände. Non loin de la cathédrale, l’emblème du Grand-Bâle, on peut admirer les vestiges de l’enceinte romaine avant de traverser le centre animé en passant par la Marktplatz, la Barfüsserplatz, la Heuwaage et le zoo jusqu’aux portes de la Markthalle historique. Dans cette ancienne halle de marché, des stands de restauration du monde entier invitent à une conclusion culinaire du circuit. La gare CFF n’est alors plus très loin.
Durant cette randonnée, il est conseillé d’afficher l’itinéraire dans l’application Swisstopo grâce au code QR au verso et de l’utiliser pour la navigation. Dans l’océan de couleurs de la grande ville, on a vite fait de rater les indicateurs de direction.
N° 2351
Gadmen, Saageli
— Steingletscher
• BE
Le sentier muletier du Susten
Dans l’histoire, le col du Susten n’est jamais devenu un axe commercial important, même si de tels projets existaient. Au début du XIXe siècle, les cantons d’Uri et de Berne voulaient construire une route de communication pour promouvoir le commerce du fromage. Mais le projet n’a jamais été achevé, car la priorité a soudain été donnée au Grimsel et au Gothard.
Aujourd’hui, l’ancien chemin muletier permet de randonner jusqu’au col du Susten, bien protégé de la route du col. Depuis l’arrêt de bus «Gadmen, Saageli», l’itinéraire mène au barrage et longe la rivière Steiwasser jusqu’à un pont et un pâturage. De là, il suit le cours d’eau Gadmerwasser et gravit le premier palier escarpé jusqu’à Wyssemad. Derrière, les imposants sommets de la Gadmerflüö s’élèvent dans le ciel, recouverts de forêts des deux côtés. Celles-ci se font toujours plus clairsemées et, bientôt, on franchit le deuxième palier majeur en empruntant des chemins stabilisés par des murs en pierre, au bout desquels se trouve un coin grillades. On arrive ensuite à In Miseren, un haut marais d’importance nationale. L’endroit a été façonné par le glacier, comme en témoignent les roches moutonnées. De petits lacs intacts entourés de zones d’alluvionnement sauvages, de grands blocs de roche et un peuplement d’aroles épars forment un paysage paisible. Le chemin est constitué de grandes dalles de pierre qui s’étendent joliment à travers les zones humides.
On atteint bientôt la limite des arbres et, avec elle, le but de la randonnée à l’alpage Steingletscher et sa fromagerie. Le lieu offre une bonne vue sur la route du col inaugurée en 1946: construite pour répondre à l’émergence du tourisme automobile, son concept esthétique visait à ce qu’elle forme «une unité avec le majestueux paysage de montagne», comme l’écrivait alors l’ingénieur en chef. Avec succès: le jour de l’inauguration, 15 000 voitures empruntaient déjà la route du col.
N° 2350
Schmiedsboden
— Niederrickenbach
• NW
Lichens et téléphériques nidwaldiens
Le canton de Nidwald est un eldorado des téléphériques. Il compte près d’une vingtaine de petits téléphériques publics. Pour les paysans de montagne, ils sont souvent le seul moyen de transporter des marchandises et des produits agricoles jusqu’aux fermes ou alpages. Mais les randonneuses, les randonneurs et les touristes les empruntent aussi volontiers.
La randonnée débute par un court trajet en téléphérique à quatre places d’Oberrickenbach à la ferme Schmiedsboden. De là, le chemin monte d’abord à travers des prairies alpines jusqu’à la forêt Haldiwald. Il grimpe ensuite en pente légère jusqu’à Ober Sack, où la vue sur la vallée d’Engelberg est impressionnante. Le chemin longe alors une arête à l’orée de la forêt et se fait parfois un peu plus raide.
Après 300 mètres de dénivelé, on atteint le point culminant de la randonnée à l’alpe Gigi. Ici, une bifurcation en direction de Haldigrat permet au besoin d’arriver au télésiège qui mène jusqu’à Alpboden, peu avant Niederrickenbach. Car la descente suivante n’est pas une mince affaire: le sentier escarpé traverse de magnifiques prairies de montagne en fleurs jusqu’à Wasserboden, puis emprunte un chemin de terre jusqu’à Oberst Hütti, une ferme.
Après une autre descente vers Mittlist Hütti, le chemin s’enfonce dans la forêt de Steinalper. Cette réserve forestière est un paradis pour les lichens: plus de 150 espèces y ont déjà été recensées. En y regardant de plus près, ces végétaux à la croisée du champignon et de l’algue se révèlent à chaque pas. Ils ornent les troncs et les branches de motifs originaux aux tons blancs, gris, bruns, voire jaunâtres.
La forêt prend fin à Alpboden, la station inférieure du télésiège d’Haldigrat. De là, un chemin bitumé traverse les pâturages, où quelques majestueux érables offrent de l’ombre au bétail en été. A Niederrickenbach, l’église de pèlerinage attend les randonneuses et randonneurs et, juste derrière elle, la maison de pèlerinage et son délicieux buffet de gâteaux.
N° 2349
Sisikon
— Flüelen, Gruonbach
• UR
Le lac d’Uri, un tableau à ciel ouvert
Le lac d’Uri a beaucoup inspiré les artistes, dont les peintres paysagistes du XIXe siècle comme le Genevois Alexandre Calame ou le Britannique William Turner. Durant la randonnée, on admire d’abord de très près, puis depuis les hauteurs, ce bassin aux eaux turquoise enserré entre des flancs de montagne escarpés.
Le circuit débute à la gare de Sisikon et exige d’abord un peu de tolérance. Le chemin de randonnée en revêtement dur longe sur quelques mètres l’«Axenstrasse», où les véhicules passent à toute vitesse. Alors que les voitures disparaissent dans le tunnel de Buggital, l’itinéraire contourne la montagne par la droite. Grâce aux tunnels piétonniers creusés dans la roche et à la vue sur l’Oberbauenstock et le Niderbauen Chulm, cette partie est pleine de charme.
Après le tunnel de Buggital, le sentier descend en lacets vers la rive du lac. Là se succèdent de petits coins tranquilles et de belles vues sur le lac bleu turquoise et le Gitschen, l’Uri Rotstock et le Schlieren en arrière-plan.
Voici enfin le restaurant Seebeizli, près du débarcadère de Tellsplatte. A quelques mètres se dresse la chapelle où Guillaume Tell se serait autrefois réfugié pour échapper au bailli Gessler. Après avoir dépassé le carillon, qui sonne tous les jours à partir de 9 h pendant les dix premières minutes de chaque heure, on rejoint la Tellsplatte. Le début du chemin de randonnée de montagne vers Unteraxen est un peu caché derrière un bâtiment. Ce sentier escarpé et ombragé traverse un sol forestier meuble.
Le but de la randonnée est le restaurant Ober Axen, qui sert des plats copieux. Le petit téléphérique pour quatre personnes (réservation conseillée) est parfait pour le retour. Lors de la descente vers «Flüelen, Gruonbach», le regard se pose à nouveau sur le lac d’Uri, où voiles et planches de surf dansent maintenant à contre-jour. Une conclusion pleine d’ambiance pour ce circuit varié.
N° 2348
Glovelier
— Pré-Petitjean
• JU
Au fil du Tabeillon dans les Franches Montagnes
C’est une balade jurassienne bercée par le doux murmure d’un ruisseau. Entre Glovelier et Le Prépetitjean, l’itinéraire suit le fil du Tabeillon. Dès la sortie du village, on quitte le bitume pour un large chemin blanc, souvent ombragé par les forêts traversées. La montée est douce, à peine perceptible. Durant la première moitié de l’excursion – accessible à toutes et tous – règnent le calme et les senteurs sauvages. On y admire les campanules et parfois on cueille quelques fraises des bois.
La suite du parcours devient plus spectaculaire. Entre la Côte du Droit et l’Envers de Bollement, le chemin s’enfonce dans une gorge gardée par un ancien moulin. Pourquoi un moulin ici? La réponse apparaît quelques centaines de mètres plus loin, lorsque l’on découvre une ancienne roue à aubes et, surtout, le somptueux étang de Bollement. Des panneaux didactiques expliquent que ce plan d’eau artificiel, créé au XVIe siècle, servait à produire l’énergie hydraulique nécessaire au travail du bois et des céréales. En aval de l’étang, des roues à aubes faisaient fonctionner des scieries et des moulins. Un peu plus loin, l’étang du Plain de Saigne raconte une histoire similaire. Si l’usage industriel de l’eau a disparu, ces plans d’eau nichés dans un écrin naturel enchanteur conservent aujourd’hui une grande valeur écologique.
Les derniers kilomètres, à travers les pâturages boisés typiques des Franches Montagnes, offrent un final apaisant. La petite gare du Pré-Petitjean permet de regagner Glovelier en train, pour clore cette belle boucle dans la nature.
N° 2347
Icogne, Les Vernasses
— Chermignon, Diogne
• VS
Quatre univers différents au Grand Bisse de Lens
Le Valais compte quelque 300 bisses encore en activité. Bon nombre de ces canaux d’irrigation traditionnels ont été construits au Moyen Age, dont le Grand Bisse de Lens. Ce cours d’eau constitue un bon exemple des différentes fonctions jouées par les bisses à l’ère contemporaine, notamment des fonctions agricole, patrimoniale et touristique. En termes de randonnée aussi, le Grand Bisse de Lens offre une palette étonnamment variée d’expériences.
L’excursion démarre à l’arrêt de bus «Icogne, Les Vernasses». La première partie de l’itinéraire emprunte un chemin idyllique tatoué de racines, qui serpente dans une végétation luxuriante. Attention à ne pas se tordre les chevilles, surtout si l’on est concentré sur un concours de petits bateaux! Après une demi-heure de marche environ, on atteint la partie la plus technique – et la plus spectaculaire – de la randonnée: l’aqueduc, littéralement accroché à la falaise, est flanqué d’un sentier escarpé et aérien, balisé en blanc-rouge-blanc. Certes sécurisé par des barrières et des cordes, ce passage exige néanmoins d’avoir le pied sûr.
Les personnes pour qui ce qui précède a constitué un défi sont récompensées pour leur courage lorsqu’elles parviennent au point 1029, là où le bisse marque un coude. Des bancs invitent à faire une pause prolongée et à admirer la vue panoramique sur la vallée du Rhône. A noter que des jumelles fixes égrenant les noms des sommets environnants ont été installées à cet endroit. L’itinéraire se poursuit et s’achève de façon plus paisible en direction de Chermignon-d’en-Bas. On évolue tantôt à découvert, tantôt à l’ombre des arbres. A plusieurs reprises, le sentier offre de belles vues sur la plaine en contrebas, où le Rhône ressemble à une version géante du bisse que l’on est en train de suivre. C’est un peu à contrecœur que l’on quitte le calme cours d’eau pour rejoindre l’arrêt de bus «Chermignon, Diogne», planté au bord de la bruyante route cantonale.
N° 2346
Forcola di Livigno
• GR
Vers les eaux turquoise du Lago Vago
Où que l’œil se pose, c’est un vrai bonheur, et l’itinéraire est varié et passionnant. C’est ce que promet ce circuit, surtout par une journée ensoleillée qui met en valeur les couleurs du lac et de la roche. La randonnée de montagne jusqu’au Lago Vago est facile, comme le trajet jusqu’au pied de la crête. Pour continuer, mieux vaut avoir le pied sûr et ne pas souffrir du vertige. Sur la crête sommitale, le terrain est praticable, mais assez exposé et il faut parfois se servir des mains.
L’excursion débute au col de la Forcola di Livigno et suit la frontière entre l’Engadine et la Valteline. Près de la borne frontière sur le col, on gravit le sentier vers le sud-est en passant devant la Madonna delle Acque pour rejoindre le Val dell’Orsera. Au point 2461, en Italie, le chemin bifurque et on prend à gauche. Les panneaux indiquent «Al Vach» et «Lach dal Vach» («Monte Vago» et «Lago Vago» en dialecte local). «Vach», du latin «vacuum», à savoir «vide», désigne le terrain désertique non cultivé propre à la région. Le nom italianisé «Vago» signifie «instable», à l’image d’une grande partie des pentes.
Après une montée raide, le sentier serpente vers le nord-est jusqu’au cirque du Monte Vago, où se niche le lac. Le sentier battu descendant vers la rive prouve que beaucoup veulent s’approcher de cette perle scintillante. Le chemin officiel passe au-dessus du lac, par des éboulis, jusqu’au pied de la crête du Monte Vago, au point 2906. On suit alors la crête rocheuse sur la droite et les balisages rouge-blanc-rouge jusqu’au sommet, où l’on peut laisser une trace de son passage dans le livre. La vue panoramique est fantastique: massif de la Bernina, haute vallée de Livigno, Ortler et Königsspitze. On revient par le même chemin. On pouvait autrefois passer la nuit à la Forcola di Livigno, mais ce n’est hélas plus le cas depuis quelques années.
N° 2345
Furka Passhöhe
— Realp
• UR
Partage des eaux au Gothard
A l’échelle mondiale, rares sont les lieux d’où l’eau coule vers trois mers différentes. L’un d’entre eux se situe dans le massif du Gothard, à 3025 mètres d’altitude, bien au-dessus de la cabane Rotondo, à la frontière entre les cantons d’Uri, du Valais et du Tessin. Lorsque la pluie tombe ici, elle finit sa course dans l’Adriatique, la Méditerranée ou la mer du Nord. En jargon technique, cet endroit est une «triple ligne continentale de partage des eaux».
Une randonnée de deux jours permet d’explorer ce lieu particulier. Elle débute au col de la Furka. De l’arrêt de car postal, le chemin mène vers le sud-est et la cabane Rotondo. Le long du parcours, les points de repère ne sont pas nombreux. Jusqu’à la cabane du CAS, à 2573 mètres, le sentier monte et descend constamment dans un paysage aride parsemé de nombreux ruisseaux et de petits lacs, ainsi que de quelques alpages escarpés où paissent yaks et bovins.
Le deuxième jour, une ascension raide passe par les lacs du glacier de Witenwasseren jusqu’au Hüenderstock. L’endroit est magique. Après l’ombre, la glace et la roche, voici la lumière chaude du sud et la vue sur le Val Bedretto. A partir d’ici, même si le chemin jusqu’à la ligne de partage des eaux est balisé en blanc et bleu, il est bien aménagé et praticable pour les randonneuses et randonneurs au pied sûr, ne souffrant pas de vertige. A l’arrivée au Witenwasserenstock se dresse une pyramide métallique.
Le retour passe à nouveau par le Hüenderstock le long de la crête jusqu’au col du Hüendersattel. Vient alors une descente jusqu’à l’immense plaine alluviale d’Im Tälli, en dessous de la cabane Rotondo. Si l’on dispose d’une journée supplémentaire, pourquoi ne pas passer une nuit de plus à la cabane? Sinon, on descend vers l’Alp Oberstafel, où le chemin débouche dans la vallée de la Witenwasserenreuss. On poursuit jusqu’à Realp, d’où un train part vers la vallée de Conches ou Andermatt.
N° 2344
St-Ursanne, gare
• JU
Bain de quiétude au-dessus de St-Ursanne
St-Ursanne, petite cité médiévale sur les rives du Doubs, dans le canton du Jura, séduit par sa vieille ville bien conservée et son emplacement paisible entre rivière et falaises. Cette façade idyllique cache toutefois un chapitre sombre: comme bien d’autres endroits en Europe, cette vallée reculée du Jura a connu d’impitoyables chasses aux sorcières aux XVIe et XVIIe siècles.
Peu après le départ de la gare, en direction de l’ouest, le chemin de randonnée bifurque à droite et monte sur un sentier boisé parsemé de sculptures. L’air est frais, les oiseaux gazouillent et les papillons virevoltent. S’ensuit une raide ascension jusqu’à la ferme d’Outremont, dont le magasin permet de s’approvisionner en spécialités.
Une nouvelle montée mène à la butte qui surplombe Outremont. Sur une crête, le chemin traverse une forêt clairsemée et idyllique en direction du nord-est. A gauche, la vue porte sur l’Ajoie verdoyante, la France voisine et les Vosges. A droite, un panorama fantastique se déploie sur le Clos du Doubs, le Chasseral et les Alpes bernoises.
Le chemin de randonnée bifurque ensuite à angle droit et descend à travers un pâturage jurassien jusqu’à la ferme de Montgremay. La bifurcation est balisée, mais le tracé est difficile à voir. Aux Malettes, le chemin longe brièvement la route du col, ce qui exige de la prudence en raison de la circulation. Un peu plus tard, à La Caquerelle, il est conseillé de faire une halte au restaurant avant de descendre doucement la colline à travers prairies et pâturages.
De retour dans la vallée, l’itinéraire débouche soudainement en face de l’entrée d’autoroute de St-Ursanne. Après ce court tronçon bruyant, la randonnée offre encore quelques atouts: l’imposant viaduc ferroviaire de Combe Maran, le charmant paysage fluvial et la vieille ville située un peu plus en aval.
N° 2343
Mettmen
• GL
Randonnée alpine au cœur du canton de Glaris
Entre les deux vallées principales glaronnaises, qui s’étendent en direction de Linthal et d’Elm depuis Schwanden, se trouve un paysage montagneux finement ciselé dont le Gross Kärpf (2794 m) est le point culminant. Les chaînes du Matzlenstock et du Gandstock, au cœur de la région, forment un chapelet de sommets en U autour du lac de barrage de Garichti. Ce site de protection de la faune, le plus ancien d’Europe, a été spécialement créé pour protéger les chamois, les cerfs élaphes et les bouquetins. Ce qui est moins connu, c’est qu’il prodigue aussi de bons habitats à la vipère péliade. Celle-ci apprécie les trous et les crevasses pour se cacher, ainsi qu’une bonne offre de petits rongeurs comme proies. Les endroits où les pierres sont nombreuses et la strate herbacée et arbustive abondante sont donc optimaux.
Un fascinant circuit de randonnée d’environ trois heures et demie conduit de la station supérieure de Mettmen au Seebödeli, passe sous le Gandstock, puis revient au point de départ. L’itinéraire traverse des alpages parsemés d’arbres ou de petites forêts et, dans les zones plus élevées, des prairies et des pâturages. Il permet de jouir quasi en continu d’une vue magnifique sur le Glärnisch ou, au sud, sur la région du Kärpf et, plus loin, sur les Alpes glaronnaises jusqu’au Tödi. Le Seebödeli, point le plus septentrional de la randonnée, est un endroit merveilleux pour faire une pause. La vue s’ouvre ici brièvement au nord et à l’est, en direction du Schilt et du Spitzmeilen. Le tronçon sous le Gandstock est un itinéraire alpin balisé blanc-bleu-blanc. Le chemin est parfois invisible et, dans la zone du Breitrus, il traverse des pentes abruptes. L’itinéraire ne doit être emprunté que par temps sec. Une tour d’observation de la faune en bois se dresse peu avant Widerstein. Le chemin redescend ensuite jusqu’au lac de barrage de Garichti et revient à la station supérieure du téléphérique.
N° 2342
Brienzerberg, Bramisegg
— Iseltwald, Dorfplatz
• BE
Tous les trésors de la Schweibenalp
Un alpage que les druides vénéraient déjà comme site énergétique. Une cascade magique que l’on suit de près, jusqu’à passer derrière son rideau. Un hôtel qui ressemble à un château de conte de fées. Un sentier enchanteur qui longe l’eau et traverse l’une des dernières forêts à l’état naturel de Suisse. Des lieux de baignade isolés au bord du lac de Brienz. Cette randonnée regorge de points forts. Mais elle se frotte parfois aussi au surtourisme, comme au niveau du Grandhotel Giessbach, du funiculaire et du débarcadère d’Iseltwald. Heureusement, la solitude est généralement de mise sur les sentiers.
Depuis l’arrêt de car postal Bramisegg, une petite route d’accès taillée dans la roche traverse les gorges du Giessbach au sud-ouest. En un quart d’heure, elle mène à l’alpe Schweibenalp et à son passionnant sentier de découverte de la permaculture. Le biotope des abeilles sauvages, qui a vu le jour récemment, est également fascinant. De nombreuses plantes sauvages et utiles ont besoin de la visite d’insectes pollinisateurs pour pouvoir produire des graines et des fruits. Parmi eux, les abeilles mellifères et sauvages jouent un rôle crucial. Difficile d’imaginer qu’il en existerait quelque 700 espèces différentes rien qu’en Suisse, à condition de ne pas les priver de leurs moyens de subsistance. Une fois par mois, des visites guidées sont organisées à la Schweibenalp et permettent d’acquérir de nombreuses connaissances de base. Près du bâtiment principal, un indicateur jaune montre la direction à suivre. Un sentier raide serpente le long des niveaux de la cascade à travers les gorges du Giessbach jusqu’au Grandhotel. On peut rallier ce dernier soit par le funiculaire historique, soit par le chemin de randonnée du lac de Brienz. L’itinéraire se poursuit ensuite sur le sentier lacustre jusqu’à Iseltwald.
N° 2341
Champéry, Grand-Paradis
— Champéry, Barme
• VS
Les cantines du Plateau de Barme
Cette randonnée se déroule en grande partie le long d’un imposant cirque rocheux, entre les Dents du Midi et les Dents Blanches. Plusieurs cascades jaillissent majestueusement des parois hautes et escarpées pour tomber vers l’alpe verdoyante.
Mais il faut transpirer un peu pour admirer ce spectacle naturel. Depuis la gare de Champéry, l’itinéraire descend jusqu’aux Couailles. Il est aussi possible de prendre le train touristique (navette) jusqu’à Grand Paradis. La montée commence alors. Après quelques mètres de dénivelé, elle est déjà interrompue par la cascade de la Saufla: avant de traverser le ruisseau, un sentier mène à droite jusqu’à la chute d’eau. Un petit détour qui en vaut la peine. La randonnée grimpe ensuite toujours plus haut à travers la forêt jusqu’à atteindre un alpage. C’est ici que débouche le tronçon mentionné précédemment, qui franchit plusieurs gros ruisseaux, dont l’un se traverse par le pont suspendu de la Belle Etoile. A la sortie du cirque rocheux, il est conseillé de faire une halte au refuge de Bonavau, ne serait-ce que pour les tartes aux fruits.
Une nouvelle ascension s’annonce. Une fois la crête atteinte, un détour passe par le petit sommet du Signal de Bonavau. La vue s’étend jusqu’à la vallée du Rhône, en passant par les Dents du Midi. A partir de là, il ne reste plus qu’à descendre à travers des pâturages de moutons et des forêts jusqu’au Plateau de Barme, où deux cantines attendent les randonneuses et randonneurs. Ces anciens alpages ont été transformés en buvettes avec l’avènement du tourisme aux XIXe et XXe siècles. Aujourd’hui encore, ces buvettes servent de délicieuses spécialités. Il y a souvent du monde, car une navette fait l’aller-retour entre Champéry et Barme. L’endroit est aussi accessible en voiture. Cela n’enlève toutefois rien à la beauté du lieu.