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Le monde de la randonnée

La randonnée longue distance en Suisse

Préparer son sac à dos et partir. Pendant des jours, voire des semaines: la grande randonnée est la forme de voyage la plus ancienne et durable de l’être humain. Tout commence par le choix du bon itinéraire.
29.05.2026

Grandes randonnées hors des sentiers battus

Les itinéraires présentés ici sont des bons plans qui ne figurent pas sur la carte de SuisseMobile. Ils ne sont pas spécialement balisés sur le terrain, mais disposent de sites Internet avec des informations utiles et des données GPX.

Cet aperçu ne prétend pas être exhaustif. Il vise à inspirer et à présenter une sélection d’itinéraires intéressants.

De grands classiques

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Itinéraires de grande randonnée de SuisseMobile

Les itinéraires de grande randonnée de SuisseMobile, le réseau national de la mobilité douce en Suisse et au Liechtenstein, sont connus et appréciés. Ils sont signalisés de manière uniforme sur les cartes numériques de SuisseMobile ou de swisstopo et sur le terrain. 

Itinéraires nationaux: 7 longues randonnées de plusieurs jours à travers la Suisse (16 à 43 étapes)

Itinéraires régionaux: 69 itinéraires de longueur moyenne sur plusieurs jours, dans une région (2 à 20 étapes)

suissemobile.ch
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Itinéraires culturels en Suisse

Les itinéraires SuisseMobile se recoupent en grande partie avec les itinéraires de plusieurs jours des Itinéraires culturels en Suisse de l’association de soutien ViaStoria, qui s’engage pour la conservation des voies de communication historiques. Les douze itinéraires principaux empruntent des chemins historiques qui traversent d’importants paysages culturels suisses. Ils s’appellent: Via Cook, Via Francigena, Via Gottardo, Via Jacobi, Via Jura, Via Rhenana, Via Romana, Via Salina, Via Sbrinz, Via Spluga, Via Stockalper, Via Valtellina. Le site Internet répertorie 24 autres itinéraires régionaux et locaux.

viastoria.ch

7 itinéraires nationaux et expériences personnelles

Via Alpina: le grand classique

  • Itinéraire: Vaduz (Gaflei, FL) – Montreux
  • 390 km, 20 étapes
  • La Via Alpina traverse sept cantons et 14 superbes cols alpins de Suisse.

Il suffit de prendre la Via Alpina et d’y ajouter quelques objectifs personnels – c’est ce qu’a fait Danny Kok à l’été 2025. Au lieu de commencer à Vaduz, il a démarré aux Churfirsten. Et l’arrivée classique à Montreux a été remplacée par la Pointe Dufour. En chemin aussi, il n’a cessé d’adapter l’itinéraire: «Après une étape, je ne voulais pas redescendre dans la vallée. Je suis donc toujours resté le plus longtemps possible en montagne.» Danny passait ses nuits en bivouac ou dans des cabanes du CAS, «et quand j’en avais marre des ronflements des autres, il m’arrivait de dormir à l’hôtel». Né aux Pays-Bas, il a déménagé en Suisse il y a quatre ans et a découvert la randonnée grâce à un collègue de travail. «J’aime globalement tout ce qui a trait à la montagne: le parapente, le trailrunning, la randonnée à ski, l’escalade ou la randonnée.» Le physiothérapeute de 26 ans ne remet jamais ses rêves sportifs à plus tard: «Je travaille avec des personnes gravement malades, dont certaines sont très jeunes. Cela me rappelle constamment que c’est maintenant ou jamais.» Ce passionné de sport partage ses aventures sur Instagram. Parmi ses moments forts sur la Via Alpina, il évoque l’étape d’Altdorf à Engelberg via le col de Surenen: «Je n’avais rien lu avant le départ et j’ai été complètement surpris par l’incroyable beauté du paysage.» L’ascension de la Pointe Dufour à la fin de la grande randonnée reste toutefois son meilleur moment. «Mais je me rappellerai aussi des petites choses. Comme les rencontres dans les cabanes. Au début, on ne se connaît pas, puis on se retrouve à jouer aux cartes pendant des heures.»


Trans Swiss Trail: le solitaire

  • Itinéraire: Porrentruy – Mendrisio
  • 510 km, 32 étapes
  • Du Jura au Gothard, en passant par l’Emmental et l’Entlebuch, le Trans Swiss Trail mène au Tessin sur la Strada Alta.

Marco Ursprung ne craint pas les longs itinéraires. Le responsable de département retraité d’une école de maturité professionnelle a déjà effectué pas moins de 16 fois les 100 kilomètres des Courses de Bienne. L’homme du Seeland n’a toutefois commencé à faire de grandes randonnées qu’en 2020, lorsqu’il s’est lancé sur le Trans Swiss Trail pendant les vacances d’automne: «Je suis parti pour m’aérer l’esprit. J’ai effectivement fini par oublier le quotidien du travail. Ne rien avoir à faire d’autre que suivre les indicateurs de direction était très libérateur.» Il n’a fallu que trois jours à Marco pour effectuer les six premières étapes de Porrentruy à Neuchâtel: «J’ai regroupé deux étapes à chaque fois.» Après une année de pause, il a poursuivi son trajet de Neuchâtel à Andermatt en huit jours, puis a terminé le trail en 2023 à Melide, après six jours de randonnée. Malgré une bonne endurance, il a aussi connu des périodes difficiles en chemin. Ainsi, le tronçon entre Morat et Berne lui a semblé interminable et les averses à Sörenberg étaient pénibles. Son expérience de coureur de fond l’a néanmoins aidé à surmonter les obstacles: «Serrer les dents fait partie du jeu.» Sa discipline a été récompensée: «Traverser la Suisse et ses différentes régions procure un sentiment particulier. Je trouve fascinant de voir toute la distance qu’on peut parcourir à pied.» Il garde un souvenir particulièrement bon de l’étape qui longe le Doubs, du tronçon au-dessus du lac des Quatre-Cantons et de la traversée des gorges de Schöllenen. Son bilan: «Un sentier facile et conseillé à toutes les personnes qui aiment randonner.»


Chemin panorama alpin: celui qui en met plein la vue

  • Itinéraire: Rorschach – Genève
  • 510 km, 29 étapes
  • En traversant les paysages des Préalpes, le Chemin panorama alpin offre des vues imprenables sur les sommets des Alpes, le Plateau et le Jura.

«En réalité, je suis à la retraite», raconte Carlotta Gergely en laissant entendre que le terme de retraite ne s’applique pas vraiment à elle. Elle le prouve aussi avec son projet de randonnée actuel: le Chemin panorama alpin de Rorschach à Genève. L’itinéraire porte bien son nom: «Bien que l’on soit en montagne, l’immensité s’ouvre devant nous, à condition que le temps soit propice.» Mais le panorama doit aussi se mériter: «L’itinéraire est parfois exigeant, avec de très longues étapes ou des montées de plus de 1100 mètres de dénivelé. Il m’arrive de devoir revoir la planification et de diviser une étape.» Même si elle a dû prendre un jour le télésiège pour la descente, elle affirme avec une grande motivation: «Raccourcir est hors de question pour moi.» Même si elle connaît déjà un lieu: «En fait, je suis déjà allée au col du Risipass, entre Schwägalp et Stein. Mais cette fois-ci, j’ai suivi l’itinéraire prévu en montant de l’autre côté et j’ai découvert une toute nouvelle perspective sur le Säntis et le Toggenburg.» Depuis leur départ à la retraite, l’ancienne informaticienne et son mari ont le temps de réaliser leurs rêves: les Schwytzois ont déjà fait un trek sur le Kilimandjaro, le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle et le Trans Swiss Trail. Depuis, le couple est fasciné par la grande randonnée: «Elle mène dans des coins qui ne sont accessibles qu’à pied. Les régions que l’on croit connaître se présentent soudain sous un tout nouveau jour. Je m’arrête souvent, submergée par la surprise.»


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LA RANDONNÉE 3/2026

Dernier numéro

Via Jacobi: le spirituel

  • Itinéraire: Rorschach/Konstanz (D) – Charrot (frontière)
  • 450 km, 33 étapes
  • Suivant le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle européen, la Via Jacobi va du lac de Constance à Genève et passe par de nombreux monastères, églises et chapelles.

Sabine Bolliger, archéologue et historienne de formation, a découvert la Via Jacobi avec l’inventaire des voies de communication historiques et transmet son savoir en tant qu’autrice. «Rares sont les itinéraires culturels qui racontent l’histoire d’une période aussi longue, de plus de 1000 ans.» Son passeport du pèlerin est rempli de tampons multicolores provenant d’auberges, d’églises et de monastères. «Parfois, le passeport est tamponné par un moine, ce qui donne lieu à des discussions et à un aperçu de la vie monastique.» A Saint-Jacques-de-Compostelle, il vient prouver les étapes franchies sur le chemin et il permet d’accéder à des hébergements prévus pour les pèlerins en cours de route. Sabine Bolliger a passé la nuit sous tente, dans des hôtels, des auberges de pèlerins et des monastères et a apprécié leur hospitalité particulière. «Outre ses dortoirs, le monastère de Fischingen dispose de chambres confortables et d’une brasserie. Après huit heures de marche sous une chaleur écrasante, la bière fraîche était une récompense bien méritée.» La visite de l’église du monastère d’Einsiedeln a été un moment émouvant: «A 17 h, les moines chantent la Salve Regina à plusieurs voix devant la Vierge noire.» Sabine Bolliger recommande la Via Jacobi aussi bien aux personnes attirées par la spiritualité qu’à celles qui s’intéressent à la culture, à l’histoire et à la bonne cuisine: «La randonnée permet de découvrir les régions de Suisse à pied, de passer devant d’importants monuments et d’admirer l’architecture et l’art de monastères qui ne sont pas accessibles à tout le monde», s’enthousiasme la pèlerine passionnée.


Chemin des Crêtes du Jura: l’option douce

  • Itinéraire: Dielsdorf – Nyon
  • 320 km, 16 étapes
  • Le Chemin des Crêtes du Jura traverse la frontière linguistique et emprunte des chemins de randonnée pédestre balisés en jaune à travers la Suisse.

En 2022, Claudia Heer, biologiste de formation, a parcouru les 320 kilomètres du Chemin des Crêtes du Jura en deux semaines. «J’aime le Jura, il a quelque chose de sauvage. Parallèlement, ses villages ont un certain charme. Les nombreuses crêtes offrent des vues imprenables. Et j’ai pu observer des chamois – un grand moment.» Les personnes qui ne connaissent pas le Jura ratent quelque chose. Avant d’entreprendre la grande randonnée, il faut toutefois bien planifier l’approvisionnement en eau. «L’eau s’infiltre rapidement à travers le calcaire et il n’y a souvent pas de fontaines dans les villages. C’est un défi.» Enfin, la randonneuse de 52 ans a encore un ou deux conseils en dehors des sentiers battus: «Les personnes qui ont le temps de faire un détour ne devraient pas rater les grottes glaciaires du val de Travers ou ajouter la partie française de l’Arc jurassien.» Claudia Heer a découvert la grande randonnée il y a sept ans. Ce qu’elle préfère, c’est randonner en solo et camper: «Quand j’en parle, il n’est pas rare qu’on me plaigne, alors que j’aime être seule dans la nature. Cela me permet de plonger dans un autre monde, non seulement dans mon environnement, mais aussi intérieurement.» Dans les grandes randonnées, la simplicité la fascine: «On se limite à l’essentiel et il faut faire des compromis. Par exemple, il peut certes se former plus de condensation dans une tente monoparoi, mais elle ne pèse que 400 grammes. Et un t-shirt de rechange suffit.» Selon la saison, Claudia Heer atteint ainsi un poids de base de 7 à 8 kilos, hors provisions.


Chemin des cols alpins: le plus exigeant

  • Itinéraire: St-Moritz, Corviglia – St-Gingolph
  • 695 km, 43 étapes
  • Le chemin des cols alpins traverse les Alpes grisonnes et valaisannes et convient aux fans de paysages alpins.

Enfant déjà, Viviane Winter randonnait beaucoup avec sa famille. Si son intérêt pour l’activité s’est effacé à l’adolescence, elle l’a redécouvert pendant la pandémie: «D’un coup, la randonnée était super tendance. Je me suis laissé embarquer.» Viviane a d’abord emprunté la Via Alpina, qu’elle a perçue comme une bonne entrée en matière à la grande randonnée. Après cela, la Bâloise domiciliée à Berne souhaitait aller plus haut. Elle s’est ainsi lancée sur le chemin des cols alpins en 2024 et a effectué les douze premières étapes entre Saint-Moritz et Airolo. Son bilan intermédiaire: «L’isolement de l’itinéraire exige une meilleure planification que pour la Via Alpina. Il y a certes beaucoup de cabanes de montagne, mais les possibilités d’achat et d’hébergement sont parfois limitées.» Vivianne Winter a par exemple dû se coucher sans avoir mangé à Ausserferrera, en raison de la fermeture dominicale de la seule auberge du coin. «La même chose m’est arrivée à Safien Platz, mais heureusement, le restaurant a ouvert rien que pour moi.» Les chutes de température soudaines, la pluie et la neige ont constitué d’autres défis: «Comme mon équipement n’était pas assez résistant aux intempéries, j’ai abandonné à Vrin et j’ai rattrapé plus tard les étapes jusqu’à Airolo. Pour moi, le plaisir est plus important que de vouloir un itinéraire à tout prix.» Avec leurs vues panoramiques et leurs cascades, les vallées de Beverintal et de Safiental comptent parmi les points forts de l’itinéraire pour la randonneuse de 35 ans. Vivianne Winter ne s’est pas donné de délai pour les étapes restantes. «Je continue par petits bouts pendant mes vacances – une grande randonnée allégée pour ainsi dire.»


Via Gottardo: le culturel

  • Itinéraire: Bâle – Chiasso
  • 330 km, 20 étapes
  • Suivant un itinéraire historique du XIIIe siècle, la Via Gottardo traverse de nombreux villages et paysages culturels de Suisse.

Daniel Stotz anticipe d’emblée les points faibles de la Via Gottardo: «Plusieurs étapes évoluent près de l’autoroute, ce qui est un peu dommage pour les adeptes de randonnée. D’un autre côté, c’est amusant de dépasser à pied les voitures coincées dans un embouteillage.» Professeur de haute école spécialisée et historien à la retraite, il a parcouru la Via Gottardo en 2023 pour rédiger un guide du paysage culturel à ce sujet. «Traverser la Suisse à pied du nord au sud est une expérience fascinante. Côté paysage, les gorges de Piottino ont été pour moi une merveilleuse découverte.» Daniel évoque ensuite le cœur de l’itinéraire, l’histoire des transports: «L’itinéraire est comme un livre d’histoire à ciel ouvert.» Il fait notamment référence au sentier muletier qui traverse le Gothard, emprunté depuis des siècles, ou au tunnel ferroviaire du Gothard, qui a été un ouvrage précurseur. «Les amatrices et amateurs d’histoire ne manqueront pas de visiter le Musée national du Saint-Gothard au col. De manière générale, l’ambiance y est unique: motocyclistes et campeuses cuisent des saucisses sur le gril, juste à côté de l’hospice restauré, le tout est entouré d’un imposant paysage de montagne – un tableau d’ensemble qui n’existe qu’à cet endroit.» L’itinéraire peut facilement être divisé en plusieurs segments. Daniel Stotz a ainsi effectué à chaque fois deux à quatre jours d’affilée. Quant à la question de savoir s’il s’agit encore d’une grande randonnée, l’homme de 67 ans répond: «J’ai fait de longues randonnées, même si je n’ai pas parcouru les 330 kilomètres d’une traite.»

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